Myrtὀ Papatanasiu, nouvelle duchesse de Bretagne

La Scène, Opéra, Opéras

Rennes. Opéra. 11-X 2014. Œuvres de Georg Friedrich Haendel, Wolfgang Amadeus Mozart, Giuseppe Verdi, Antonín Dvořák, Sergueï Rachmaninov, Luigi Cherubini, Charles Gounod, Pietro Mascagni & Giacomo Puccini. Myrtὀ Papatanasiu (soprano). Orchestre Symphonique de Bretagne, direction : Luciano Acocella.

or_4343545205_IMG_4451Au mois de juin 2013, avait fait la conquête du public rennais en incarnant au pied levé une Violetta vibrante et virtuose. Pour son retour dans la capitale bretonne, le temps d’un récital avec orchestre, les attentes étaient fortes ; elles n’ont pas été déçues.

C’est avec Alcina, rôle qu’elle a récemment interprété avec succès au palais Garnier que entame ce récital et le charme s’installe aussitôt : la voix corsée emplit l’espace même lorsqu’elle murmure, l’interprète est habitée et Ah ! mior cor est un instant de grâce. Non mi dir de Donna Anna témoigne d’autant d’énergie dans ses transports que de douceur dans sa résignation. La vocalise est limpide, les demi-teintes envoutantes. E strano… Sempre libera permet à l’artiste de répéter son triomphe dans La Traviata : malgré le concert, c’est à un moment de théâtre exceptionnel que nous assistons, l’investissement de l’artiste est à l’unisson de la virtuosité de la musicienne.

La seconde partie du concert s’ouvre avec un vibrant Silver Moon de Rusalka, suivi d’une séraphique Vocalise de Rachmaninov. Dans l’air du poison de la Juliette de Gounod, couronné d’un éclatant aigu conclusif, on oublie rapidement une diction fluctuante face à l’engagement de l’artiste. La prière de Tosca, enfin, démontre, malgré le plaisir de l’écoute, les limites actuelles d’un instrument purement lyrique. En bis, Myrtὀ Papatanasiu nous offre une jolie mélodie de Mikis Theodorakis puis Chi il bel sogno di Loretta, extrait de La Rondine de Puccini, couronné d’aigus célestes.

, remplaçant tardivement Antonino Fogliani, n’évolue pas sur les mêmes cimes. De l’ouverture épaisse de Don Giovanni à celle de Médée marquée de pompierisme, il semble ne pas évoluer en terre d’élection. Dans le prélude de La Traviata en revanche, il soulève un somptueux tapis de cordes et impose une rythmique impeccable. Il apporte de plus un soutien impeccable à l’héroïne du jour. L’Orchestre de Bretagne est fidèle à lui-même en termes de plénitude sonore et de précison des attaques avec mention au violoncelle d’Olivier Lacour.

L’enthousiasme du public le confirme : Myrtὀ Papatanasiu est proclamée nouvelle duchesse de Bretagne. Espérons qu’entre deux engagements au Metropolitan Opera et à l’Opéra de Paris, elle trouvera le temps de répondre à une nouvelle invitation d’.

Crédit photographique : Myrtὀ Papatanasiu © myrtopapatanasiu.com

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