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Svatopluk Havelka, compositeur tchèque

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Svatopluk Havelka (1925-2009) : Symphonie n°1 ; Nonette ; Hommage à Hieronymus Bosch ; Heptaméron ; Pěna ; Symphoniette de Danses. Marta Boháčová, soprano ; Vlasta Linhartová, alto ; Vladimír Krejčík, ténor ; Jan Kyzlink, baryton ; Milan Friedl, récitant. Nonette Tchèque. Prague Philharmonia, direction : Tomáš Hanus. Orchestre Symphonique de Prague, direction : Jindřich Rohan. Philharmonie Tchèque, direction : Václav Neumann. Orchestre Philharmonique de Brno, direction : Jiří Waldhans. 1 double CD Hot Jazz Records 717710005. Code barre : 8594053300054. Enregistré entre 1961 et 2003 dans l’Auditorium Dvořák du Rudolfinum, Prague. Notices bilingues (tchèque, anglais). Durée : 74’47, 78’29.

 

hotjazz_svatopluk_havelkaUne redécouverte majeure du patrimoine tchèque.

Cet album de deux disques répare une injustice en rééditant enfin en CD des gravures antérieures parues uniquement en microsillons Supraphon, d’un compositeur tchèque parmi les plus attachants de la seconde moitié du XXe siècle : (1925-2009). C’est d’ailleurs grâce à son fils, , acteur, directeur et chanteur swing de jazz associé aux Melody Makers tchèques, et au producteur Lukáš Herink, que nous devons cette édition très soignée, tant au niveau de la qualité exceptionnelle des transferts sonores que dans la présentation, sur étiquette tchèque Hot Jazz Records.

Après avoir reçu une solide éducation musicale à l’Université Charles de Prague auprès de , Josef Hutter, et , le jeune se fait connaître comme fondateur et directeur artistique de l’Ensemble NOTA d’Ostrava pour lequel il écrit des chants ; par ailleurs il se lance également dans la musique de film. C’est toutefois en 1954 (l’année de naissance de son fils Ondřej) qu’il décide de se consacrer à une carrière de musicien professionnel. Sa Symphonie n°1 (1956) se révèle d’emblée comme l’une des plus fortes et des plus belles symphonies tchèques de la seconde moitié du XXe siècle, tout imprégnée du folklore de la Moravie natale du compositeur, dans laquelle l’influence de Chostakovitch et de Khatchatourian est indéniable, mais qui témoigne d’une personnalité qui s’affirme. Elle fut suivie, en 1959, d’une autre œuvre d’envergure, la Cantate Éloge de la Lumière, sur des textes du poète tchèque (Supraphon SUA18395, à rééditer impérativement en CD !) Ces deux œuvres s’appuient essentiellement sur le système tonal dont le compositeur s’éloignera progressivement pour imposer son propre langage, basé sur ses réflexions philosophiques personnelles.

Heptaméron, poème symphonique sur la nature et l’amour pour soprano, alto, ténor, baryton solos, récitant et orchestre (1964), utilise des textes de divers poètes (dont et ) pour une œuvre très contrastée avec notamment percussion et clusters, où Havelka quitte, en douceur le système tonal. Avec Pěna (Écume), musique pour le poème Schaum de Hans Magnus Enzensberger (1965), il affirme son style personnel en un poème symphonique plus concis, atonal, d’une grande richesse de timbres et où les percussions jouent un rôle primordial.

Ce style atteint son paroxysme avec la fantaisie symphonique Hommage à Hieronymus Bosch (1974) commandée par le chef d’orchestre à qui elle est dédiée et qui l’interprète ici : musique de timbres, répétitive, où Havelka livre la vision de l’homme moderne face à la peinture grinçante, proche de la folie, de l’artiste néerlandais, avec allusion finale au Dies Irae. Le Nonette de 1976 est la première étape d’une série d’œuvres de musique de chambre. Havelka y exprime par l’aléatoire « les sentiments de l’homme conscient de sa solitude et de la restriction de la communication envers le monde qui l’entoure. »

Enfin, avec la superbe Symphoniette de Danses pour orchestre de chambre (2001), développée sous forme de ballet imaginaire basé sur la Parabole des dix Vierges de l’Évangile selon Matthieu, le compositeur montre un visage plus souriant, sans aucun doute par la présence très marquée de l’évocation sublimée du folklore de sa Moravie natale. La boucle est ainsi bouclée.

Superbe et nécessaire hommage à un grand compositeur tchèque parmi tant d’autres du XXe siècle, qui foisonnèrent dans ce pays si musicien encore nommé à cette époque … la Tchécoslovaquie.

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Svatopluk Havelka (1925-2009) : Symphonie n°1 ; Nonette ; Hommage à Hieronymus Bosch ; Heptaméron ; Pěna ; Symphoniette de Danses. Marta Boháčová, soprano ; Vlasta Linhartová, alto ; Vladimír Krejčík, ténor ; Jan Kyzlink, baryton ; Milan Friedl, récitant. Nonette Tchèque. Prague Philharmonia, direction : Tomáš Hanus. Orchestre Symphonique de Prague, direction : Jindřich Rohan. Philharmonie Tchèque, direction : Václav Neumann. Orchestre Philharmonique de Brno, direction : Jiří Waldhans. 1 double CD Hot Jazz Records 717710005. Code barre : 8594053300054. Enregistré entre 1961 et 2003 dans l’Auditorium Dvořák du Rudolfinum, Prague. Notices bilingues (tchèque, anglais). Durée : 74’47, 78’29.

 
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