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Intégrale des Mazurkas de Scriabine par François Chaplin

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Alexandre Scriabine (1872-1915). L’intégrale des Mazurkas. François Chaplin, piano. 1 CD EVCD006. Code barre: 3149028063424. Enregistré à Paris en l’Eglise du Bon-Secours en septembre 1997. Livret en français, anglais et allemand. Durée totale: 79’44.

 

Chaplin ScriabineLe dernier disque de enchantera les amateurs de Scriabine. Ceux qui seraient moins familiers du pianiste-compositeur russe découvriront, loin des idées reçues autour de son prétendu romantisme tardif, pour ne pas dire attardé, une écriture originale, un cachet très personnel, y compris dans les œuvres antérieures à 1903.

Chez ce Scriabine « première manière », les Mazurkas occupent une place centrale. Bien que la référence à Chopin soit explicite, s’attache à souligner l’autonomie de ces œuvres. Adolescent, Scriabine dormait, paraît-il, avec une partition de Chopin sous l’oreiller ; ce modèle assumé ne sera toutefois jamais pastiché. Il n’est qu’un point de départ, une source d’inspiration vers de nouveaux chemins.

L’enregistrement des différents opus des Mazurkas de Scriabine proposé par François Chaplin permet justement de retracer l’évolution stylistique conduisant du formalisme du Conservatoire de Moscou (op. 3) aux confins du chromatisme (op. 40). L’interprète se coule avec aisance dans le format miniature de ces pièces, parvenant à susciter, pour chacune d’elles, une atmosphère tantôt mélancolique, tantôt beaucoup plus dansante, toujours baignée d’étrangeté et d’un certain mystère. Cette étrangeté et ce mystère, si caractéristiques de Scriabine, habitent littéralement le jeu de François Chaplin, dont les phrases possèdent ce côté mal-assuré en apparence, mais extrêmement pensé en réalité. De même, si le pianiste ne recule pas devant l’usage du rubato, il conserve pour l’essentiel la précision rythmique nécessaire à l’exécution fidèle d’une mazurka. L’aspect traditionnel et folklorique de cette danse polonaise est finement restitué, notamment grâce au jeu de pédale, mais aussi largement sublimé par un authentique souffle onirique. Ce disque témoigne, y compris à travers les deux Etudes qui le concluent, d’une vision quasi-mystique de Scriabine. On ne peut qu’approuver.

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