Daniel Borovitzki au Concours Animato 2014 à Paris

daniel borowitskiSoutenue par l’École Normale de Musique de Paris-Alfred Cortot, la Fondation Zygmunt Zaleski, la Bienvenue Française, la Fondation Orpheus et Yamaha, Animato existe depuis Janvier 1993. Quelques mardi par mois, cette association organise des concerts où les musiciens et le public partent à la découverte d’interprétations, d’œuvres, et surtout de talents nouveaux, glanés par Marian Rybicki au fil des concours internationaux dont il est membre du jury. , un des jeunes candidats.

Daniel Borovitzky est né à Samara, en Russie, il est arrivé en Israël à l’âge de 3 ans et commence le piano à 8 ans avec Luisa Yoffe, puis Arnon Erez. Il vient de terminer son service militaire avec le statut de « musicien exceptionnel ». Depuis cinq ans, il est l’élève de Tomer Lev à la Buchman Mehta académie de musique à l’Université de Tel Aviv. Il donne des récitals un peu partout dans le monde et a joué comme soliste, sous la direction de Zubin Mehta. Il vient d’enregistrer le concerto pour 3 pianos  de Mozart avec The English Chamber Orchestra.

Joué par , le dernier morceau des Scènes d’enfant de Schumann entraîne le public sur le chemin imprécis et solitaire du poète, par-dessus les gouffres et les métaphore, au cœur d’un nuage de sons moelleux qui monte comme un halo de brume. Jeune Israélien d’origine russe, blond aux yeux pales, il est le premier candidat du Concours Animato 2014, ce dimanche 14 décembre à 14h. Juste avant, il avait joué « À propos de gens et de pays étranges », comme une ritournelle vénéneuse, avec une pureté d’écolier sage, l’air de rien.

Un pianiste intemporel

Daniel Borovitzky : Lorsque je joue en concert, je cherche à faire passer plein de choses », dit Daniel de sa voix riche en silence. « Il y a d’abord tout simplement les notes et l’intention du compositeur. Ma mission est de faire comprendre l’idée et de la faire passer au public. Pour cela, j’essaie de me mettre dans le zeitgeist de l’époque et d’en transmettre l’esprit avec ma propre esthétique. Il faut en éclairer toute la beauté, la mélodie et l’harmonie, faire percevoir l’architecture de l’œuvre, la façon dont elle se développe, et faire qu’elle s’ouvre comme un fruit merveilleux, comme un parfum. Je cherche à aiguiser la curiosité et le désir du public, et à créer une superposition de significations aussi riche que possible.

Ce Concours est particulier, amical, sans élimination, une sorte de vitrine pour les jeunes pianistes. Et je suis heureux d’être à Paris, une ville liée pour moi à la musique française que j’aime beaucoup et à la langue, même si je ne la parle pas encore. C’est pour cela que j’ai choisi Ravel pour le dernier round. Je me sens proche de cette délicatesse intérieure qui est en même temps très puissante, comme un feu. Il y a une flexibilité circulaire que je ressens comme une dynamique, toujours en mouvement. En même temps, j’aime le côté fragile, volontairement imparfait de cette musique, par exemple dans les Oiseaux tristes, l’une des deux pièces de Miroirs que je joue. C’était l’un des morceaux préférés de Ravel. J’y vois des oiseaux dans un endroit où il fait très chaud. Ils cherchent de l’eau pour survivre. Ils n’ont pas de home, pas d’endroit qui soit chez eux, où revenir. Ce qu’exprime la note ostinato du cri des oiseaux, hésitante, accompagnée d’accords dans une tonalité incertaine.

Ici et maintenant

Daniel Borovitzky : Chaque œuvre  d’art a des facettes différentes qui peut resplendir plus ou moins, et que je peux faire ressortir ou pas. Il faut savoir éliminer, filtrer pour trouver la pureté…

Quand on joue, il ne s’agit pas d’être unique, il y a des millions de différents artistes, il faut juste être très concentré ici et maintenant, et voir comment on peut manœuvrer avec la musique, avec le souffle, attentif à planer sur l’énergie du public, dans une intimité propice à l’imprévisible.

Le concours a été remporté par l’Américain George Li, il devant sa compatriote Sara Daneshpour. Daniel Borovitsky se classe troisième, juste devant le Coréen Yekwon Sunwoo.

Crédits photographiques : © Elisabeth Schneiter

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