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Tugan Sokhiev sans surprise à la Philharmonie de Paris

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Paris. Philharmonie de Paris. 2-IV-2015. Félix Mendelssohn (1809-1847) : Les Hébrides, ouverture op.26. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Concerto pour piano n°4 en sol majeur op.58. Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) : Symphonie n°4 en fa mineur op.36. Maria João Pires, piano. Orchestre National du Capitole de Toulouse, direction, Tugan Sokhiev.

Tugan Sokhiev © Denis Rouvre - NaïveEn visite à Paris avec un programme sans surprise, c’est tout aussi sans surprise que  et son orchestre toulousain l’emporte dans Tchaïkovski.

Chef-d’œuvre de densité quasi beethovénienne, l’ouverture Les Hébrides doit captiver l’auditeur dès les premières mesures pour ne jamais le relâcher jusqu’à pianissimo final en passant par des déchainements où l’orchestre peut montrer toutes ses qualités. Si ces derniers furent spectaculaires à souhait, toute l’introduction, trop douce et sans tension, peina à planter le décor et ne généra aucune progression palpable. Inévitable conséquence, les sommets d’intensité, par leur déficit de préparation, perdirent de leur force expressive, même s’ils ne manquaient pas de panache.

A dire vrai, la même sensation de réserve expressive traversa l’écoute du Concerto pour piano n°4 de Beethoven qui suivit, où nous eûmes trop souvent la sensation d’une aimable conversation entre le piano et l’orchestre, mais pas tellement plus. Aucune faute de goût n’était à relever, tout était fait avec une certaine élégance, de jolis phrasés, et une partie de piano parfaitement musicale de la part de qu’on sait y exceller pour l’avoir souvent entendue ces derniers temps dans cette même œuvre, avec différents partenaires. Le chef avait-il peur d’en faire trop pour finalement en faire trop peu, on ne sait, mais le manque d’enjeux se fit trop franchement sentir pour complètement nous captiver.

Sans doute plus naturellement dans son élément avec Tchaïkovski, réussit à enthousiasmer la salle grâce à une version directe, dynamique, engagée de cette symphonie du destin qui aurait presque pu s’intituler « pathétique » elle aussi. L’entrée en matière des cuivres, superbe, donnait le ton grandiose et sans esbroufe qui convient à ce mouvement qui se développa majestueusement mais pas sans quelques surprises dans des choix de tempo, ou de changements de tempos. Ainsi du plus étonnant, le thème plus mélancolique de ce premier mouvement, Moderato assai, quasi andante, chantés aux bois alors que les cordes marquent un rythme immuable. Peu après repris par les timbales alors que le thème passe alors des bois aux cordes (indiqué Ben sostenuto il tempo precedente), il prend un bien curieux effet élastique, s’élargissant aux cordes, se compactant aux bois, perdant son aspect implacable et son « sostenuto ». Avouons-le, pour un effet plus curieux que convaincant. Alors que les autres passages où le chef assouplit son métronome nous parurent plus évidents. Poussé parfois à ses limites, l’Orchestre du Capitole rendit une belle copie même si imparfaite avec quelques petits flottements ou décalages aux cuivres qui produisirent néanmoins un superbe son, des bois homogènes où on ne put rater deux interventions manquant de netteté du piccolo (impitoyable instrument). Cela n’empêcha pas le public d’être emporté par un Allegro con fuoco final éclatant de santé et d’énergie.

Crédit photographique : Tugan Sokhiev © Denis Rouvre – Naïve

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Paris. Philharmonie de Paris. 2-IV-2015. Félix Mendelssohn (1809-1847) : Les Hébrides, ouverture op.26. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Concerto pour piano n°4 en sol majeur op.58. Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) : Symphonie n°4 en fa mineur op.36. Maria João Pires, piano. Orchestre National du Capitole de Toulouse, direction, Tugan Sokhiev.

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