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Abécédaire Tristan : C comme Chabrier

Aller + loin, Compositeurs, Dossiers, Histoire de la Musique

Le 10 juin 1865 à Munich : Tristan et Isolde de Wagner, l’une des œuvres les plus importantes de l’histoire de la musique, est jouée pour la première fois. Un évènement que Resmusica a choisi de commémorer sous la forme d’un Abécédaire. Notre dossier : Abécédaire Tristan

 

chabrier_2576493b_0Le 10 juin 1865 à Munich : Tristan et Isolde de Wagner, l’une des œuvres les plus importantes de l’histoire de la musique, est jouée pour la première fois. Un événement que Resmusica a choisi de commémorer sous la forme d’un Abécédaire Tristan. Aujourd’hui, Tristan et… Chabrier.

fête à peine ses vingt ans quand il découvre la musique de Wagner, une véritable révélation, même si l’on considère les deux compositeurs comme antinomiques. Pourtant il ne cessera toute sa vie d’admirer l’auteur de Tristan, faisant de lui son dieu, au travers de divers voyages en Allemagne et d’évocations musicales dédiées au maître de Bayreuth. Après la découverte de Tannhäuser en 1862, Chabrier retourne à Munich pour entendre Tristan et Isolde. Nous sommes en 1879. Sans doute préalablement familiarisé avec la partition, Chabrier fond en larme dès la première phrase très lyrique du prélude, énoncée par les violoncelles : « Depuis que j’attendais ce LA ! » s’exclame-t-il. On ne peut imaginer meilleur hommage.

Fort de ces souvenirs, Chabrier compose vers 1887 un quadrille pour piano à 4 mains en 5 parties sur divers thèmes de Tristan, intitulé Souvenirs de Münich. Il reste fidèle à lui-même avec un style tourné vers l’amusement, l’anecdote, le divertissement. Debussy dira de lui « il est merveilleusement doué pour la muse comique ». Voilà une belle manière de s’évader du poids wagnérien : les thèmes sont là, mais le style, alors là… España n’est pas si loin, et l’Étoile, opéra bouffe, non plus. Comme il le dit lui-même en rappelant ses origines provinciales : « Je rythme ma musique avec mes sabots d’Auvergnat ».

D’autres émotions wagnériennes viendront avec son voyage à Bayreuth. Ainsi écrit-il à sa femme : « C’est merveilleux. Je pleurai comme un veau. J’ai visité toute la scène, le théâtre dans son entier, l’orchestre sous la scène. Je ne sais pas encore si j’aimerai tant que cela la façon de placer l’orchestre ; il y a beaucoup de détails qui se perdent ; il semble qu’on entend de loin, comme d’une pièce à côté : dans les forte, ça va encore, mais dans les passages de douceur et polyphoniques, j’en perds la moitié… ». Prolongeant son amour musical pour Wagner, il devient à Paris un pilier du « Petit Bayreuth », cercle musical fondé pour diffuser cette musique et dirigé par le chef d’orchestre , lui-même grand prêtre du wagnérisme en France, créant dès 1881 « Les Nouveaux Concerts ».

Toute sa vie durant Chabrier va se mouvoir entre le grave et le gai, avouant finalement à la fin de sa vie n’aimer plus qu’Offenbach et Wagner. Il fut jugé de son vivant trop sérieux et savant, wagnérien en somme, et de nos jours reconnu plutôt frivole et superficiel, intéressé à des sujets peu sérieux. Ainsi va le paradoxe Chabrier.

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