Banniere-ClefsResmu-ok

Festival d’Ambronay : un succès dans la durée

Festivals, La Scène, Musique d'ensemble

Ambronay. Abbatiale. Concert du 19-IX-2015. Henry Purcell (1659-1695) : King Arthur. Chœur Vox Luminis. Ensemble La Fenice, direction : Jean Tubéry. Lyon. Auditorium Maurice Ravel. Concert du 30-IX-2015. Marc-Antoine Charpentier (1643-1704) : Te Deum H146. Jean-Baptiste Lully (1632-1687) : Te Deum LWV 55. Amel Brahim-Djelloul & Claire Lefilliâtre, sopranos ; Jean-François Lombard, contre-ténor ; Jeffrey Thompson, ténor ; Benoît Arnould, basse ; Capella Cracoviensis ; Le Poème Harmonique, direction Vincent Dumestre.

IMG_7001Qualité et diversité étaient les deux points forts musicaux de cette 36e édition du Festival d’Ambronay.

« Mythes et mystères », tel était le thème du Festival d’Ambronay.

Parmi le programme proposé cette année : on trouve des valeurs sûres telles Jordi Savall, l’ensemble La Fenice, les Arts Florissants, Hervé Niquet avec… Striggio, bien sûr. Mais aussi des artistes plus jeunes (moins chers ?) comme Correspondances, Les Surprises ou Le Banquet Céleste.

En effet, il y a 25 ans que, avec quelques amis, a créé La Fenice. Cet ensemble a proposé King Arthur, le semi-opéra de Purcell, au public d’Ambronay. D’entrée de jeu, le duo de trompettes donne la couleur de l’ouvrage. impulse un tel élan qu’il danse… et entraîne le chœur Vox Luminis, tonique, qui chante : « braves chœurs dont l’histoire gardera le nom ». Le (vrai) guerrier breton, issu du chœur, impressionne : « venez, si vous l’osez ». On ne s’ennuie pas, loin de là, avec qui dirige mais joue aussi de la flûte puis du tambourin. Enfin, le voici : « l’Air du froid » ! Un régal. Voilà un concert où le jeu, la complicité et le talent ont sublimé l’œuvre, le tout bien mené par . Une réussite partagée avec Vox Luminis.

Lully, Charpentier et…

C’est dans un auditorium de Lyon presque plein que et ses troupes ont donné un programme Te Deum. Le cadre et l’acoustique (pourtant améliorée, il y a une quinzaine d’années) n’étaient pas idéals pour de telles œuvres. Une importante capacité d’accueil (2150 places) et un partenariat avec le Festival ont emporté la décision. Mais le public attendait, évidemment, le Te Deum dont le prélude est, depuis 1953, l’indicatif de l’Eurovision : celui de . Ce prélude est interprété tel qu’on l’aime. Solennel mais vif. Benoît Arnould enchaîne « Te Deum laudamus » avec la même énergie volontaire. C’est dans le verset « Pleni sunt caeli et terra » que la Capella Cracoviensis montre son expressivité et sa gamme de nuances. Les ornements et la prononciation du latin à la gallicane sont bien en place. Au final, l’interprétation du Poème Harmonique renforce la tonalité de ré majeur, telle que Charpentier la définissait : « joyeuse et très guerrière ». On retrouve ces qualités dans le Te Deum de Lully. L’œuvre est, cependant, moins typée que celle de Charpentier. La direction de est très expressive, animée et n’oublie pas de magnifiques nuances. fait un vrai récital, avec une double interprétation vocale et… visuelle. La fin du concert est proche. Le public est emballé et multiplie les rappels. Il sera récompensé par deux bis dont le final du premier opéra de Lully, Cadmus et Hermione : « tous les chœurs… vivez heureux ». Les spectateurs l’étaient !

Crédit photographique : © Jean-Noël Démard

Banniere-ClefsResmu-ok

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.