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Franz Schubert (1797-1828) : « Des Fragments aux étoiles », pièces variées (Valses, Danses allemandes) ; Mélodie hongroise op. posth. 120, D. 817 ; Sonate en si bémol majeur D. 960. Shani Diluka, piano. 1 CD Mirare. MIR 240. Enregistré en septembre 2013. Durée : 58’.

 

Schubert, Shani DilukaC’est à un beau parcours dans la musique de Schubert qu’invite ce disque très pensé et maîtrisé de , avec finesse et beauté du piano, de l’instant fugitif à la grande Sonate.

Une suite de petites pièces, souvent ultra brèves, de l’ordre d’une minute, comme autant de pas japonais dans un jardin qui conduirait vers une sorte de temple, l’ultime sonate de Schubert. Shani Diluka a puisé dans le répertoire moins connu des Valses ou des Danses allemandes une douzaine de pièces courtes, qui évoquent souvent l’univers du lied. Lieder sans paroles, où chaque pièce est comme un petit monde en soi, une superbe apparition fugitive. Elle interpose ensuite une sorte de pont, avec la Mélodie hongroise, et conduit comme naturellement l’auditeur vers la grande dernière sonate de Schubert. C’est extrêmement intelligent et cohérent, car on trouve dans les deux mondes, celui de la miniature comme celui de la grande forme, nombre d’éléments identiques, ce fond transcendé de thèmes populaires, la beauté et la pluralité des mélodies, l’oscillation perpétuelle de la joie au chagrin. La pianiste a un jeu clair, faisant bien ressortir les voix, mais en même temps une sonorité très riche et profonde, à laquelle contribue le piano Bechstein. Elle a l’art des transitions et des contrastes, mais toujours amenés naturellement, dans leur nécessité, même lorsqu’il y a rupture apparente du discours musical et sans aucune brutalité, jamais. On remarque aussi ses silences, pleins de ce qui vient de s’éteindre, mais riches déjà de ce qui vient. Un jeu qui fait souvent penser aux plus grands accompagnateurs de lieder précisément, Gérald Moore ou Geoffrey Parsons.

Et quand le silence retombe à la fin de la dernière sonate de Schubert, composée peu de temps avant sa mort, il est terrible, comme si une présence avait quitté les lieux.
On appréciera le livret qui propose un avant-propos de la pianiste et une belle analyse de Valentin Erben, violoncelle du quatuor Alban Berg.

 

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Franz Schubert (1797-1828) : « Des Fragments aux étoiles », pièces variées (Valses, Danses allemandes) ; Mélodie hongroise op. posth. 120, D. 817 ; Sonate en si bémol majeur D. 960. Shani Diluka, piano. 1 CD Mirare. MIR 240. Enregistré en septembre 2013. Durée : 58’.

 
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