Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

Grande capacité d’adaptation de Louis Schwizgebel

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Paris, Carreau du Temple, 8-II-2016. Robert Schumann (1810-1856) : Scènes d’enfants op. 15 ; Franz Schubert (1797-1828) / Franz Liszt (1811-1886) : Sérénade, Le roi des Aulnes ; Franz Schubert : Sonate n° 16 en la mineur D. 845 op. 42. Louis Schwizgebel, piano.

P1050239 louisL’association Les Pianissimes, qui soutient inlassablement les jeunes musiciens talentueux, organise pour la première fois un concert au Carreau du Temple, ancien marché couvert aménagé en lieu de culture et inauguré il y a tout juste deux ans dans le quartier de République à Paris.

La salle polyvalente équipée de sièges en mousse, comme on en voit dans les salles de cinéma, et les rideaux entourant la scène, ont un fort effet d’absorption du son, ce qui a priori ne favorise pas les jeux pianistiques de la musique classique. Mais en tire un maximum de profit, prouvant une fois de plus son grand talent d’adaptation. En effet, il utilise cette acoustique difficile pour donner une intimité enfantine aux pièces de Schumann, dans un jeu délicat et attentionné, évoquant les gestes d’une mère pour son enfant. Le piano Steingreber, qui n’a pas la brillance d’un Steinway ou d’un Yamaha, mais dispose d’une sonorité précieuse et perlée, convient à merveille à ces petites pièces au caractère secret. Reste à savoir si tout cela fonctionne avec les transcriptions de Lieder de Schubert par Liszt et la Sonate de Schubert.

Notre appréhension ne s’est pas vérifiée. souligne la ligne mélodique des Lieder avec un sens inné du chant, sans tomber dans la virtuosité sportive dont de nombreux pianistes font preuve. Nous apprécions particulièrement cet « retenue » qui, encore une fois, tire parti avec une intelligence prodigieuse de l’acoustique de la salle et ce, même si l’on ne perçoit pas les volumes et l’éclat auxquels on s’attend habituellement.

Dans la Sonate de Schubert également, le jeune pianiste conjugue sa sensibilité avec les caractéristiques du piano et de la salle, pour mettre en valeur l’intériorité poignante de la musique, créant ainsi un univers, certes encore juvénile, mais que nul autre ne saurait imiter. Parfois, il donne aux notes rapides dans les aigus la légèreté étincelante de la jeunesse face à la gravité de l’existence exprimée dans la partition.

En bis, la Valse op.64 n° 2 de Chopin et Du bist die Ruh de Schubert / Liszt, dans la pure continuité de son programme, et exécutés avec autant d’élégance. La capacité de l’interprète à tirer profit des conditions de la salle suscite une grande envie de l’entendre dans une acoustique totalement différente, où il sera certainement aussi à l’aise et saura tout autant exploiter la sonorité adéquate.

Crédit photographique © les Pianissimes

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Paris, Carreau du Temple, 8-II-2016. Robert Schumann (1810-1856) : Scènes d’enfants op. 15 ; Franz Schubert (1797-1828) / Franz Liszt (1811-1886) : Sérénade, Le roi des Aulnes ; Franz Schubert : Sonate n° 16 en la mineur D. 845 op. 42. Louis Schwizgebel, piano.

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