Concerts, La Scène, Musique symphonique

Accord parfait entre François Dumont et l’Orchestre Symphonique de Bretagne

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Rennes. Opéra. 25 et 26-II-2016. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concerto pour piano et orchestre en sol majeur K 453 N° 17 ; Scène avec rondo pour soprano et pianoforte Ch’io mi scordi di te ? K 505 ; Concerto pour piano et orchestre en la majeur K. 488 N° 23. Orchestre Symphonique de Bretagne ; Helen Kearns, soprano. Piano et direction : François Dumont.

Se produisant régulièrement avec l’ depuis plusieurs années, le pianiste poursuit une belle collaboration et une histoire d’amitié avec cette phalange.

Après un premier disque des concertos N° 9 et 20 sous la baguette de Julien Masmondet, premier opus du label de l’orchestre (OSB 6DM-15-10001), ils ont formé le projet d’enregistrer sur plusieurs saisons l’intégrale des 27 concertos, dirigés du piano par .

Comme souvent aujourd’hui, l’enregistrement se faisait lors des deux concerts rennais, précédant une tournée régionale de ce même programme à Plancoët, Ploudalmézeau, La Bouëxière et Saint-Malo. La proximité entre l’orchestre et son public est réelle et le beau théâtre à l’italienne de l’Opéra de Rennes affichait complet deux soirs de suite. La pédagogie étant une priorité dans les activités de l’Orchestre de Bretagne, une séance scolaire était organisée dans l’après-midi, suivie d’une passionnante rencontre avec une classe de 6e tout-à-fait concernée et le pianiste. Ce serait beaucoup dire que les adolescents présents furent tous transportés par les mélodies mozartiennes et le dialogue entre le piano et l’orchestre, mais nous savons l’importance de ces actions, qui font leur chemin par la suite.

Jouant par cœur à la direction comme au piano, afin d’être libre d’esprit et de ses mouvements, François Dumont fait preuve d’élégance et de souplesse. Fort d’une longue pratique chambriste avec le Trio Élégiaque, il établit une relation fusionnelle avec l’orchestre, dialoguant avec les pupitres attentifs à la fluidité des thèmes.

Dans le rare et aimable concerto N° 17 K 453, le premier mouvement semble léger comme un pas de danse, avec un jeu inspiré dans la cadence de Mozart. L’andante en suspension laisse chanter les bois avec transparence, tandis que la brève cadence semble suspendue. L’allegretto final à variations fait dialoguer le piano et l’orchestre sur la ritournelle que chantait le mainate de Wolfgang. On pense à un final d’acte d’opéra évoquant quelque part Cosi fan tutte.

Ch'io mi scordi non treme

Comme un dialogue amoureux

L’air de concert Ch’io mi scordi di te ? fut composé par Mozart pour le concert d’adieu, le 23 février 1787, à la cantatrice écossaise Nancy Storace, qui avait créé le rôle de Suzanne dans Les Noces de Figaro un an auparavant. Il joua lui-même la partie de piano obligée et l’on a voulu y voir une lettre d’amour à peine voilée à la cantatrice. C’est peut-être le plus célèbre des trente-cinq arias de concert pour soprano composés par Mozart, mais la partie vocale est d’une difficulté redoutable. Selon une agilité vocale confondante et une belle expressivité, la soprano conquiert la salle avec cet air de bravoure, dont elle transmet tout le dépit et la tristesse de la séparation. Dans ce qui ressemble plus à une sonate imaginaire qu’à une aria ou un concerto, François Dumont mène un accompagnement orchestral et un dialogue pianistique d’une tendresse absolue vis à vis de son épouse à la ville.

Le concert s’achevait par le célèbre 23e concerto K 488, interprété sans pathos, avec naturel et clarté. On apprécie le bel équilibre entre les parties où la petite harmonie fait merveille. La cadence du premier mouvement évoque les Fantaisies tandis que la poésie de l’adagio, peut-être le plus touchant que Mozart ait jamais composé, nous emporte définitivement avec la subtile douceur des pizzicati des cordes. Bien enlevée, la course poursuite de l’allegro assai final, n’est pas dépourvue d’humour.

Le public était aux anges et comme une respiration naturelle, François Dumont le gratifia de la Valse en ré bémol majeur op. 64 N° 1 de Chopin dite « du petit chien » ou « minute ».

On attend avec intérêt la parution du disque, ainsi que les sessions suivantes.

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Rennes. Opéra. 25 et 26-II-2016. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concerto pour piano et orchestre en sol majeur K 453 N° 17 ; Scène avec rondo pour soprano et pianoforte Ch’io mi scordi di te ? K 505 ; Concerto pour piano et orchestre en la majeur K. 488 N° 23. Orchestre Symphonique de Bretagne ; Helen Kearns, soprano. Piano et direction : François Dumont.

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