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Une sortie de purgatoire pour Benjamin Godard ?

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Benjamin Godard (1849-1895) : Sonates pour piano et violon n° 1 en do mineur, op. 1 ; n° 2 en la mineur, op. 2 ; n° 3 en sol mineur, op. 9 ; n° 4 en la bémol majeur, op. 12. Nicolas Dautricourt, violon ; Dana Ciocarlie, piano ; 2 CD Harmonia Mundi/apartemusic AP124. Enregistré Salle Byzantine du Palais de Béhague (Paris) du 2 au 4 septembre 2015. Notice bilingue : français-anglais. Durée : 88’
Mélodies. Tassis Christoyannis, baryton ; Jeff Cohen, piano. 1 CD Harmonia Mundi/apartemusic AP123. Enregistrement réalisé au Théâtre Saint-Bonnet (Bourges) du 8 au 11 novembre 2015. Notice bilingue : français-anglais. Durée : 72’

 

Godard

Deux disques du label Aparté réalisés en co-production avec la Fondation remettent à l’honneur le compositeur .

Le critique musical Arthur Pougin rendit un bel hommage à à l’annonce de son décès, victime de la  tuberculose, dans un article paru dans la célèbre revue Le Ménestrel du 13 janvier 1895 : « Son plus grand défaut résidait dans son inépuisable et trop hâtive fécondité. Mais ce talent était vraiment de premier ordre. » On lui reprocha un manque de finition et une dommageable autosatisfaction. En dépit de réussites notoires, sa musique sombra dans l’oubli dès après sa disparition à l’âge de 45 ans.

Heureusement le retour sur tant de catalogues oubliés a permis de faire revivre trop d’œuvres qualifiées sans nuance de secondaires et anémiques. A l’écoute des Mélodies et de ses quatre Sonates pour piano et violon, il paraît licite de modérer quelque peu l’anathème jeté sur sa création. Pour autant le placer sur un piédestal serait tout aussi excessif.

godard mélodiesOui, la musique de Benjamin Godard justifie et mérite plus qu’un respect condescendant ; elle mérite une attention intègre et de figurer comme le témoignage digne et estimable d’un compositeur français de la seconde moitié du XIXe siècle. Ses mélodies bien dans l’air du temps manient la poésie et l’humour, l’évocation de l’amour et se parent d’une grande délicatesse. De belles lignes chantées embellissent les textes retenus, agréablement rehaussés d’un accompagnement délicat du piano. De leur côté les Sonates pour piano et violon confirment une aisance d’écriture, un bavardage plutôt plaisant et une recherche évidente de beau son ainsi que du plaisir d’écoute qui en résulte. et maîtrisent idéalement leurs partitions et rendent un bel hommage à Benjamin Godard.

Il en est de même, on l’aura compris, du baryton et du pianiste . Leur exploration objective d’un maître oublié, qualifié de secondaire, remet à jour le travail estimable d’un créateur bien plus que marginal et subalterne. Ce type d’initiatives salutaires permet de rectifier, en la précisant, l’histoire authentique et besogneuse de la musique.

 

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Benjamin Godard (1849-1895) : Sonates pour piano et violon n° 1 en do mineur, op. 1 ; n° 2 en la mineur, op. 2 ; n° 3 en sol mineur, op. 9 ; n° 4 en la bémol majeur, op. 12. Nicolas Dautricourt, violon ; Dana Ciocarlie, piano ; 2 CD Harmonia Mundi/apartemusic AP124. Enregistré Salle Byzantine du Palais de Béhague (Paris) du 2 au 4 septembre 2015. Notice bilingue : français-anglais. Durée : 88’
Mélodies. Tassis Christoyannis, baryton ; Jeff Cohen, piano. 1 CD Harmonia Mundi/apartemusic AP123. Enregistrement réalisé au Théâtre Saint-Bonnet (Bourges) du 8 au 11 novembre 2015. Notice bilingue : français-anglais. Durée : 72’

 
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