Banniere-ClefsResmu-ok

Tango Tango par Carl-Emmanuel Fisbach et David Christopher Panzl

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Astor Piazzolla (1921-1992) : Histoire du tango pour saxophone soprano et marimba) ; Tango suite ; Libertango pour saxophone ténor et vibraphone. Luis Naón (né en 1961) : Alto Voltango pour saxophone alto et vibraphone. Mathieu Bonilla (né en 1979) : Serbend pour saxophone alto et vibraphone (CM). CD Paraty 215149. Enregistré en avril 2014 au Königliches Kurthaus, Bad Reicherhall / Bayerisches Gmain en Allemagne. Notice trilingue (anglais, français, japonais). Durée : 65’11.

 

Tango TangoOn ne boude pas son plaisir de réentendre dans cet album les célèbres tangos d’ dans une version rafraîchissant pour saxophone et percussions claviers, surtout lorsque les deux interprètes, et croisent les esthétiques et prennent les chemins plus aventureux de la création.

De fait, l’alliage du saxophone soprano et du marimba renouvelle les perspectives sonores d’Histoire du tango, originellement écrit pour flûte et guitare. Si la précision et la finesse du jeu de s’exerce dans Bordel 1900 et Night Club, Café 1930, délicieusement voluptueux, révèle dans une introduction très éloquente les qualités expressives et le grain chaleureux du marimba de . Avec le saxophone ténor et le vibraphone dans Tango Suite (arrangement de Miha Ferk et David Christopher Panzl), les deux musiciens donnent du charme et de l’élégance aux lignes virtuoses de Piazzolla. Le jeu éminemment flexible des interprètes en épouse les sinuosités et confère une douceur caressante à la mélancolie du mouvement central. C’est le raffinement et la sensibilité du jeu des deux interprètes merveilleusement complices (saxophone ténor et vibraphone) qui président dans le célèbre Libertango, arrangé pour cet enregistrement par Tim Collins. C’est également pour le CD et les deux interprètes dédicataires que Mathieu Bonilla écrit Serbend (Sarabande) pour saxophone alto et vibraphone gravée en première mondiale. De cette danse à trois temps ô combien alanguie le compositeur efface les contours et dissout les matières. Ne subsistent qu’un balancement très doux à peine esquissé, une musique fragile entre souffle et résonance colorés. L’archet frotté sur les lames du vibraphone relaie le jeu ténu du saxophone, et réciproquement au fil des carrures. Car la trajectoire temporelle de la sarabande est strictement respectée, y compris les reprises d’usage, l’image spectrale extrêmement raffinée se modifiant à mesure. Le mystère reste entier quant à l’étrange séquence bruitée de la seconde partie qui contraste d’autant.

Avec son titre à facettes, Alto Voltango du compositeur argentin met en vedette le saxophone alto suivi comme son ombre par le vibraphone. Entre sensualité et élégance féline, finesse microtonale et parfum de tango, les deux interprètes magnifient l’aspect kaléidoscopique d’une écriture très plastique évoquant in fine (Volta al tango) les figures lascives des deux danseurs sur la piste.

 

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.