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L’œuvre intégrale de Mathias Weckmann chez Ricercar

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Mathias Weckmann (1616-1674) : L’oeuvre intégrale. Ricercar Consort ; Greta de Reyghere, soprano ; James Bomman, contreténor ; Ian Honeyman, ténor ; Max van Egmond, basse ; La Fenice, direction Jean Tubéry ; Siebe Henstra, clavecin ; Bernard Foccroulle aux orgues de l’église Saint-Cosmae de Stade, Saint-Maurice de Hollern et Sainte-Katherine de Hamburg (Allemagne). 5 CDs Ricercar. Enregistré en mars 1988, janvier et mars 1992, mai 1995 et septembre 2013. Livret trilingue de 102 pages français, anglais et allemand. Durée totale 6 h 12 mn 52 s.

 

weckman_omnia_ricercarDepuis bientôt trente ans, le label Ricercar s’est intéressé à la figure musicale de , fascinant compositeur hambourgeois du milieu du XVII° siècle. Ce coffret réunit enfin tout ce travail distillé depuis 1988, réunissant les meilleurs spécialistes en matière d’interprétation baroque allemande.

(ou Weckman) est né au début du XVIIe siècle en Thuringe en pleine époque féconde, suite au foisonnement de la Renaissance. Disciple de Schütz, il fut nourri de musique italienne, inspiré par Monteverdi. Il a abordé la plupart des genres musicaux en usage : concerts spirituels, sonates orchestrales, pièces pour le clavecin et une importante production d’œuvres pour l’orgue. Weckmann est célèbre pour avoir été le titulaire de l’orgue de l’église Saint-Jacques de Hambourg, l’un des plus beaux d’Allemagne, et miraculeusement parvenu jusqu’à nous.

Mathias Weckmann se situe tout juste à la transition entre la génération de Sweelinck et celle de Buxtehude. Dès 1988, Ricercar proposait une douzaine de Concerts spirituels dans un style inspiré de son maitre Henrich Schütz. L’interprétation du réunissant des grands noms du chant baroque permet une approche passionnante, basée sur une étude approfondie du style et de l’instrumentation. Comme la plupart des musiciens de son époque, Weckmann explore de nombreux genres musicaux : nous en avons des exemples avec ses sonates marquées par un style vénitien acquis auprès de Monteverdi. L’ dirigé par restitue ces œuvres sur instruments d’époque de la manière la plus claire et la plus séduisante pour nos oreilles modernes. Une série de lieder vient compléter cette riche production vocale : la voix angélique de Greta de Reghere fait merveille dans ces courts instants de grâce.

Pour autant, c’est l’œuvre pour clavier qui rendit célèbre cet auteur. Comme souvent cohabitent le clavecin et l’orgue dans des pièces parfois opposées dans leur style et leur destination. Weckmann compose des suites pour le clavecin proche du style français, qu’il découvrit lors de ses voyages à Paris auprès de Louis Couperin. On rencontre aussi des toccatas et des canzone proches de Froberger qu’il fréquenta également. Ces œuvres pour le clavier sont proposées ici sur deux clavecins et un clavicorde, copies d’anciens flamands et italiens, accordés selon le tempérament mésotonique qui donne tout relief et saveur au discours hautement déclamé par .

Deux disques enfin sont consacrés à l’orgue, instrument principal de Weckmann. Responsable de l’un des orgues les plus importants d’Allemagne, il laisse un imposant ensemble de pièces réunissant le profane et le sacré. Quelques pièces libres (préludes, fugues, fantaisies et canzones) côtoient d’importantes variations sur des thèmes de chorals. Il est curieux d’apprendre que, déjà lorsqu’il exerçait son art d’organiste à Hambourg, il se plaignait de la décadence du chant liturgique, luttant contre ce fait par de monumentales fresques sonores. Le choral « Le salut nous est venu » offre sept variations dont l’avant-dernière développée sur plus de dix minutes est un résumé de tout l’art de ce compositeur, où s’entendent la fois ses influences puisées aux quatre coins de l’Europe musicale et synthétisées de la manière la plus géniale.

a choisi trois instruments du nord, dont l’orgue nouvellement reconstruit par la firme Flentrop en l’église Sainte-Katherine de Hambourg, alors détruite en grande partie par les bombardements de 1945. Ce joyaux de l’art baroque, avec ses grands tuyaux de 32 pieds en montre est idéal pour traduire ces compositions monumentales. L’interprète rompu au style nord-allemand nous livre un Weckmann haut et fort, subtil et flamboyant. Deux autres orgues nordiques et rugueux (Stade et Hollern) apportent une diversité sonore bienvenue.

Cette production unique en discographie permet de connaître complètement un auteur que l’Histoire avait injustement oublié. Le livret est riche de textes et de photos, compléments indispensables à l’approfondissement de ce compositeur, lui aussi grand précurseur de Johann Sebastian Bach.

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Mathias Weckmann (1616-1674) : L’oeuvre intégrale. Ricercar Consort ; Greta de Reyghere, soprano ; James Bomman, contreténor ; Ian Honeyman, ténor ; Max van Egmond, basse ; La Fenice, direction Jean Tubéry ; Siebe Henstra, clavecin ; Bernard Foccroulle aux orgues de l’église Saint-Cosmae de Stade, Saint-Maurice de Hollern et Sainte-Katherine de Hamburg (Allemagne). 5 CDs Ricercar. Enregistré en mars 1988, janvier et mars 1992, mai 1995 et septembre 2013. Livret trilingue de 102 pages français, anglais et allemand. Durée totale 6 h 12 mn 52 s.

 
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