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Jan Van Hoecke et Jovanka Marville dans Bach, deux pour un trio

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Johann Sebastian Bach (1685-1750) : sonates en trio BWV 525, 527, 528, 529 et 530. Jan Van Hoecke, flûte à bec ; Jovanka Marville, clavecin et piano-forte. 1 CD Alpha classics. Enregistré en septembre 2015 au Concertgebouw de Bruges. Durée : 63’10.

 

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bach_trioLes deux musiciens, collègues à Lausanne, proposent une version plutôt originale des sonates en trio de , pour flûte à bec et clavier. Une franche réussite.

Jouées dans la version qui nous est parvenue, c’est-à-dire pour un orgue seul, les six sonates en trio BWV 525 à 530 sonnent comme de véritables morceaux de bravoure, des sommets de difficulté contrapuntique, qu’on risque, malgré leur beauté et leur inventivité, de rabaisser au rang d’exercices pour organistes accomplis. Transcrites pour un clavier et un instrument de dessus (violon, viole de gambe, flûte, hautbois…), elles prennent un tour plus plaisant et permettent une expression chambriste plus accessible au public non initié.

Les transcriptions pour flûte à bec et clavecin ne sont pas nouvelles, tant en partitions publiées qu’au disque (cf. Marion Verbruggen et Mitzi Meyerson, Harmonia Mundi 1994), mais et , fidèles à l’esprit de l’époque, proposent leur transcription propre, prenant des libertés dans la distribution des voix de dessus entre la main droite du clavier et la flûte à bec, dans des adaptations de la voix de pédalier (basse), et dans les passages à l’octave. Le résultat est convaincant, mais l’originalité du disque réside surtout dans le choix des instruments, et dans leur variété qui permet de faire ressortir certains caractères des partitions et de varier les plaisirs. fait en effet admirer une large panoplie de flûtes à bec (altos en fa, ténor en do, mais aussi la plus rare alto en mi bémol dans la sonate BWV 525), se permettant même, au risque de choquer les puristes, de panacher ténor et alto au sein de la même sonate (BWV 528). innove en accompagnant deux sonates au piano-forte (BWV 527 et 528), sur un instrument réplique de celui de 1749 que Bach connut à la fin de sa vie. Et l’association de la flûte à bec et du piano-forte, fort inhabituelle, fonctionne admirablement bien.

Peu de nuances dans le jeu des instrumentistes, pas davantage d’affects ni d’émotion. Et pourtant on prend beaucoup de plaisir à l’écoute, y compris dans les longs mouvements lents centraux. C’est que demeure ce qui fait la force de ces œuvres : la beauté et la perfection du contrepoint, merveilleusement servies par les interprètes et rehaussées par le souffle vivant de la flûte à bec et par l’élégance du clavier.

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Johann Sebastian Bach (1685-1750) : sonates en trio BWV 525, 527, 528, 529 et 530. Jan Van Hoecke, flûte à bec ; Jovanka Marville, clavecin et piano-forte. 1 CD Alpha classics. Enregistré en septembre 2015 au Concertgebouw de Bruges. Durée : 63’10.

 
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