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Épopée royale avec l’ensemble vocal de Notre-Dame de Paris

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Saint Louis, chroniques et musiques du XIIIe siècle. Œuvres anonymes du Moyen Âge. Raphaël Mas, percussions. Solène Riot, flûtes et cornet muet. Bérengère Sardin, harpe gothique. Sylvain Dieudonné, vièle médiévale à archet. Raphaël Boulay, récitant. Ensemble vocal de Notre-Dame de Paris, direction : Sylvain Dieudonné. 1 CD MSNDP. Enregistré en décembre 2015 à la chapelle Notre-Dame de Bon Secours à Paris. Durée : 72’35.

 

1540-1Les passionnés d’Histoire se délecteront à coup sûr du dernier disque de l’, riche sur un plan musicologique tout autant que varié dans sa programmation. C’est à travers une approche ludique et originale que et ses choristes nous font apprécier les différentes musiques sacrées et profanes du temps de Louis IX.

Mettre nos écouteurs pour goûter à Saint Louis. Chroniques et musiques du XIIIe siècle, c’est comme ouvrir un livre d’histoire. Ce disque est en effet un véritable voyage dans le temps et une belle illustration musicale de chaque étape de la vie de Saint Louis, l’un des rois de France les plus appréciés notamment grâce à sa droiture et sa bienveillance. Judicieuse idée que celle-ci pour aborder par le biais d’un fil conducteur solide la grande variété de formes musicales du XIIIe siècle ! Ainsi, la musique sacrée à travers le plain chant (« Introït » du jour des litanies majeures Exaudivit de templo) et l’Ars antiqua (motet Et gaudebit/O quam sancta/ El mois d’avril) côtoie en toute logique la musique profane (la chanson Vos que’m semblatz), la musique de cour et les danses (Estampie royale n° 6) et les chansons de troubadours ou de trouvères (Bernart, a vous vueil demander). De même, les petits effectifs (le conduit pour deux voix d’hommes Gaude, felix Francia et celui pour deux voix de femmes Ierusalem accipitur par exemple) alternent avec les chœurs monodiques (Omnes qui in Christo) et polyphoniques tel que le final enchaînant la prose Gaudiose Francia au répons Felix regnum. Cette chronologie musicale intègre même des textes, déclamés en ancien français par Raphaël Boulay (les « r » roulés et l’accent chantant sont bien à l’appel !), du grand confident et biographe du roi, Jean de Joinville, donnant une singularité et une saveur toute particulière à cet enregistrement.

Tout naturellement, les chanteurs entonnent un motet (le genre à la mode à l’époque) de l’Ars Antiqua composé d’une voix de teneur (la vox principalis) se déployant comme habituellement sur des valeurs longues, d’un organum secundum (sur un texte religieux en latin) et d’un organum triplum (sur un texte profane en vieux français). L’écriture savante de cette musique et sa complexité paraissent évidentes pour les interprètes qui font preuve d’une justesse, d’une clarté et d’une homogénéité sans le moindre défaut, déroulant des lignes vocales gracieuses qui apportent à cette première pièce un recueillement et une grâce sacrée.

Mais les moments les plus notables seront pour nous les captivants conduits à deux voix Gaude, felix Francia et Ierusalem accipitur totalement imprévisibles dans leur déploiement contrapuntique, la plénitude de l’Exaudivit de templo propre au chant grégorien ; la chanson brève et entrainante Nus ne porroit de mauvese reson ou bien encore l’étonnante improvisation de percussions de Raphaël Mas dans La bataille de Mansourah.

Avec l’aide d’une vièle médiévale à archet, de flûtes, d’un cornet muet, d’une harpe gothique et de percussions (soit quatre musiciens), l’ brosse une fresque musicale d’une telle finesse qu’il est difficile d’y résister : soutenu par les cordes, le son envoûtant de la flûte de s’élève dans L’autrier matin ; avec la Chanson à la vierge On doit la mère Dieu, le timbre rond et chaleureux d’ captive.

Les professionnels formés à la Maîtrise de la Cathédrale parisienne qui composent cet ensemble réussissent par une démarche innovante à rendre autant accessible que vivant ce répertoire. Initié comme novice, tout auditeur curieux s’y retrouvera.

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Saint Louis, chroniques et musiques du XIIIe siècle. Œuvres anonymes du Moyen Âge. Raphaël Mas, percussions. Solène Riot, flûtes et cornet muet. Bérengère Sardin, harpe gothique. Sylvain Dieudonné, vièle médiévale à archet. Raphaël Boulay, récitant. Ensemble vocal de Notre-Dame de Paris, direction : Sylvain Dieudonné. 1 CD MSNDP. Enregistré en décembre 2015 à la chapelle Notre-Dame de Bon Secours à Paris. Durée : 72’35.

 
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