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Folies musicales avec Yasuko et Michel Bouvard

À emporter, CD, Musique d'ensemble

Marc-Antoine Charpentier (1643-1704) : Prélude du Te Deum. François Couperin (1668-1733) : Allemande, Les lys naissants, Les roseaux, L’engageante, Les folies françoises ou les dominos, L’âme en peine, Musètes de Choisi et de Taverni. Henri du Mont (1610-1684) : Trois préludes en trio. Guillaume-Gabriel Nivers (1632-1714) : Récit de cromorne pour le Benedictus. Nicolas de Grigny (1671-1703) : Quatre extraits de la Messe pour orgue. Louis-Claude Daquin : Noël n° 6 sur les jeux d’anches, sans tremblant et en duo. Yasuko et Michel Bouvard : clavecins Philippe Humeau, orgue J.F. Lépine (1752) restauration Bertrand Cattiaux (2005) de la cathédrale Saint-Sacerdos de Sarlat-la-Canéda (Dordogne). 1 CD Hortus 133. Enregistré en septembre 2015. Livret bilingue français anglais. Durée totale : 63′ 24.

 

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Pour fêter leurs 35 ans de mariage, et nous offrent leur premier CD à deux, dans un programme dissertant sur les folies françaises à deux clavecins et à l’orgue. De quoi apprécier une immense complicité autour de compositeurs phares de l’Ancien régime.

Habitués à entendre en couple et en concert ces deux musiciens, installés depuis bien longtemps à Toulouse, il est heureux de les retrouver ici pour la première fois autour de leurs instruments préférés : le clavecin et l’orgue. On sait l’une plus spécialiste du clavecin que l’autre de l’orgue, mais ici leurs jeux se mêlent au plus intime, jusqu’à nous laisser deviner qui joue quoi finalement dans ce disque et quand ?

Le programme mélange les genres : un duo de clavecins intégrant de magnifiques Musètes de Couperin ainsi que la célèbre Allemande du neuvième ordre. A l’orgue, le duo se poursuit avec d’étonnants Préludes d’, à l’origine écrits en duo mais transformés en trio à la demande de son éditeur Ballard. Du coup une troisième main, celle de « l’amy » comme le préconise André Raison devient indispensable. Ces pièces quasiment inconnues sont d’une indicible beauté et témoignent de l’art de l’écriture pour le clavier, porté au plus haut point en ce milieu du XVIIe siècle. D’autres compositeurs utilisèrent cette pratique du « trois mains », dont .

Plus loin au clavecin, les fameux Dominos ou Folies françoises de avec leurs titres évocateurs où les couleurs sont devenues sentiments sont ici déclamés par . On imagine alors son épouse aux claviers. La présence de l’orgue de la cathédrale de Sarlat apporte un relief particulier à cet album. Nos artistes, familiers de ce type d’instrument, baroque français, les inspire au point de nous faire partager les émotions que peuvent procurer ces orgues rutilants du passé. Longtemps attribué à François-Henri Clicquot, cet orgue fut en fait édifié par Jean-François Lépine de Pézenas. Il est vrai qu’ils firent souvent appel aux mêmes tuyautiers ce qui explique en partie cette confusion aujourd’hui dissipée. Magistralement restauré par en 2005, ce spécimen reste sans doute le plus précieux encore conservé, sorti des mains de J.F. Lépine, aux côté de ceux de Limoux et d’Alès. On y entendra ici le célébrissime prélude du Te Deum de Charpentier dans une adaptation de Michel Bouvard, suivi de quelques versets de Grigny, sommet absolu de l’orgue baroque français. Après quelques épanchements lyriques dus au Récit de cromorne de Nivers, Daquin vient confirmer la fête avec l’un de ses célèbres Noëls, carillonnant sur de solides jeux d’anches .

Grâce à Yasuko et Michel Bouvard, pendant une bonne heure, les fêtes françaises retentissent tous azimuts du plus léger au plus grave. Nous sommes les témoins de cette décontraction et de ce sérieux qui les caractérisent. Cet enregistrement montre leur amicale simplicité, traduite en musique pour nous divertir et nous toucher au plus haut point.

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