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La Rêveuse sous le charme de Buxtehude

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Dietrich Buxtehude (1637-1707) : Sonates en la mineur BuxWV 272 ; en sol mineur BuxWV 261 ; en ré mjeur BuxWV 267 et en Si bémol majeur BuxWV. Dietrich Becker (1623-1679) : sonate et suite en ré majeur. Anonyme (XVIIe siècle) : Violadagamba solo en ré mineur. Ensemble La Rêveuse. 1 CD Mirare. Enregistré à l’église protestante allemande de Paris en octobre 2015. Durée totale : 69′

 

Les Clefs d'or

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, l’un des musiciens phare du fameux Stylus phantasticus, langage théâtral caractéristique de l’Allemagne du nord à la fin du XVIIe siècle, est magnifiquement représenté ici par l’ensemble dans une interprétation de sonates en trio remplie de liberté.

On se souvient du long voyage à pied du jeune Johann Sebastian Bach jusqu’à Lübeck, riche ville marchande hanséatique, afin d’y rencontrer et assister à ses fameuses Musiques du soir à l’église Saint-Marie. Ébloui par l’orgue monumental et l’organiste de génie, Johann Sebastian le fut sans doute tout aussi par les concerts instrumentaux dont l’exécution de sonates en trio intégrant le violon, la viole de Gambe et le continuo.

Buxtehude comme la plupart des compositeurs nord-allemands du XVIIe siècle fut fortement influencé par le style italien, référence suprême, ce qui valut à ces musiciens l’appellation de méridionaux du nord. La forme sonate, l’ornementation, l’essence même de leur inspiration puise leurs racines depuis la fin de la Renaissance dans ce que l’Italie a montré au travers de l’émergence d’une nouvelle pratique de la musique. Monteverdi est un puissant modèle.

Pour parfaire la démonstration, l’ensemble propose deux sonates supplémentaires d’auteurs contemporains : et un anonyme qui intitule sa pièce « Violadagamba ». On apprécie l’approche colorée et raffinée des solistes au violon baroque, et à la viole de gambe, au théorbe. Le continuo est solidement soutenu par au clavecin et à l’orgue.

En y regardant de plus près, ces sonates suivent les mouvements traditionnels des suites de danses, repris par Bach plus tard. La passacaille et la chaconne y occupent une place de choix et envoûtent par leur basso ostinato. Un attrait supplémentaire de ce disque est de proposer des œuvres qui ne furent pas éditées et qui sont puisées dans un manuscrit dit d’Uppsala. La prise de son chaude et ambrée de Hugues Deschaux augmente encore l’agréable de ces musiques que La Rêveuse sait nous faire apprécier avec charme et séduction.

Un pan de plus dans la connaissance de Buxtehude, auteur fondamental de ce ferment musical dont Bach s’inspira grandement et qui l’initia à un langage nouveau, scientifique, harmonique et rhétorique.

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Dietrich Buxtehude (1637-1707) : Sonates en la mineur BuxWV 272 ; en sol mineur BuxWV 261 ; en ré mjeur BuxWV 267 et en Si bémol majeur BuxWV. Dietrich Becker (1623-1679) : sonate et suite en ré majeur. Anonyme (XVIIe siècle) : Violadagamba solo en ré mineur. Ensemble La Rêveuse. 1 CD Mirare. Enregistré à l’église protestante allemande de Paris en octobre 2015. Durée totale : 69′

 
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