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Festes solemnelles et Chants joyeux à Saint-Michel en Thiérache

Festivals, La Scène, Musique d'ensemble

Saint-Michel en Thiérache. Abbaye. 4-VI-2017. François Couperin (1668-1733) : Messe à l’usage des paroisses pour les Festes solemnelles avec Plain-chant alterné. Ensemble Les Meslanges, direction Thomas van Essen. Volny Hostiou, serpent. Jean-luc Ho à l’orgue historique Jean Boizart (1714).
Marc-Antoine Charpentier (1643-1704) : Chants joyeux du temps de Pâques. Les Arts Florissants, chœur et orchestre : direction Paul Agnew.

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Créé par Jean-Michel Verneiges, le Festival de musique ancienne et baroque de l’abbaye de Saint-Michel en Thiérache est devenu au cours des années un rendez-vous incontournable, par l’excellence de sa programmation et la présence d’un orgue historique de grande valeur. Il offre cette année sa 31e édition, répartie sur cinq week-ends.

Chaque week-end offre donc un rendez-vous bien rempli pour les mélomanes qui se pressent dans l’éblouissante nef de l’ancienne abbaye. Deux concerts en moyenne : celui du dimanche à 11 heures 30, suivi d’un repas et d’une rencontre avec les artistes, un autre concert clôture l’après-midi. Belle formule qui laisse une grande place à la convivialité et aux échanges divers entre des mélomanes souvent avertis et des musiciens de très haut niveau.

Un concert Couperin par l’ensemble et l’organiste

Le 4 juin, le concert du matin propose la mise en espace musical d’une messe baroque française, grâce à l’interprétation de la Messe pour orgue à l’usage des paroisses de , par à l’orgue historique Jean Boizart datant de 1714 et conservé dans son état original. Les versets d’orgue bénéficiaient de l’alternance du plain-chant de la messe « Cunctipotens Genitor Deus », tiré du Graduale Parisiense de 1689 dit de la réforme « de Harley », unique exemplaire conservé à la bibliothèque Mazarine. Depuis la nef, l’ensemble conduit par et soutenu comme le voulait la tradition par le serpent de Volny Hostiou offraient par leurs interventions recherchées une continuité parfaite, magnifiée par l’acoustique exceptionnelle du lieu. Un motet pour l’élévation et un Domine salvum fac Regem, tous deux de Henry Du Mont et chantés et accompagnés alors depuis la tribune de l’orgue apportaient un relief supplémentaire. On reste subjugué par le génie musical du jeune , âgé de tout juste 22 ans au moment où il composa cette œuvre, mélange d’inspiration typiquement française, richement relevée d’italianismes souvent volubiles. La danse est souvent présente, dans les duos, les basses de trompette, et comment ne pas succomber au charme de la gigue finale de l’Offertoire sur les grands jeux, image même de la danse céleste des anges dans le ciel, à l’annonce de la naissance du Sauveur. Le jeu expert de Jean-Luc Ho, avec ses tempi parfaitement construits pour l’acoustique et les réactions de l’orgue ont porté l’interprétation de cette œuvre vers de belles cimes. Les voix éclairées de l’ensemble Les Meslanges ont apporté cette hauteur spirituelle que l’auditeur attendait, par une justesse d’intonation et une émotion perceptible.

Dsc06205 dans un programme Charpentier, sous la direction de

Après une rencontre à 15 heures avec les artistes, le deuxième concert de la journée était donné à 16 h 30 par dirigés par son directeur musical adjoint et chef associé . Après les fastes d’une cérémonie parisienne entendue le matin avec la musique de Couperin, l’apothéose de la musique religieuse française sous Louis XIV sonnait en gloire grâce à une trentaine de chanteurs et musiciens au service d’un autre génie musical : . Le programme offrait sous le titre de « Chants joyeux au temps de Pâques » un bouquet de pièces choisies parmi des motets, antiennes, dialogues et cantiques. Le concert débutait avec un chant nuptial d’une rare sensibilité, doublé d’une sensualité frémissante. Le répertoire de la passion et de Pâques apportait ensuite les thèmes « Victimae Paschali laudes » et « O filii et filiae », génialement dissertés par Charpentier et magnifiés par un chant et un accompagnement orchestral d’une rare beauté. Alternance d’émotions, de joies et de douleurs, typique de cette fête, complètement offerte au public nombreux saisi par tant de grâce.

Le chant baroque français travaillé et présenté par Paul Agnew atteint là une perfection d’une rare émotion. Ce dialogue des âmes touche l’auditeur simplement, mais lui fait ressentir aussi cette indicible joie qui se trouve au cœur de chaque pièce. L’excellence de ses chanteurs solistes, du chœur et de ses instrumentistes inspire le chef jusque dans les œuvres les plus sombres comme le « Stabat Mater » pour les religieuses, lancinante et envoûtante litanie.

Crédits photographique : © Jacques Bernard

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