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Le jeu rafraichissant de Nemanja Radulović dans le Concerto pour violon de Tchaïkovski

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Piotr Ilyich Tchaïkovski (1840-1893) : Concerto pour violon et orchestre en ré majeur op. 35 ; Variations sur un thème Rococo op. 33 (arr. Yvan Cassar). Nemanja Radulović, violon. Stéphanie Fontanarosa, piano. Double Sens. Orchestre philharmonique Borusan d’Istanbul, direction : Sascha Goetzel. 1 CD Deutsche Grammophon. Durée : 57’

 

Nemanja RadulovicLorsque l’on songe aux réactions engendrées par la création du Concerto pour violon et orchestre de Tchaïkovski en décembre 1881 par Adolf Brodsky sous la direction de Hans Richter, on ne peut que s’interroger sur le fabuleux destin de cet authentique chef-d’œuvre.

Ce que d’aucuns qualifiaient de « musique impossible à jouer » ou de « musique nauséabonde » s’est hissée au sommet de l’art musical et a charmé depuis des décennies des myriades d’auditeurs. Au point peut être que cette surcharge de gravures n’engendre un effet négatif de rejet ou de lassitude ? Qu’importe ! Une fois encore, le magnifique Concerto pour violon, que le maître russe composa à l’âge de 38 ans, inspire cette récente et pénétrante interprétation du convaincant soliste . Le jeune virtuose se montre étincelant et affiche une certaine liberté mais ne brise pas les codes comme on aurait pu le craindre avec son physique et sa mise de rocker. Avec lui, les influences occidentales (Schumann, Beethoven) et russes (Glinka, le folklore, l’âme russe) de Tchaïkovski, associées à sa difficile gestion de conflits personnels profonds, se fondent et s’entre-enrichissent pour concevoir une des plus magistrales lectures de l’œuvre. À la fois virtuose, inspiré et pénétrant, le regard de Radulović s’engouffre en faveur d’une conception romantique non surchargée de pathos, de toute beauté et de juste introspection. Le jeune Orchestre Philharmonique Borusan d’Istanbul (et son chef ) de très honnête tenue, accentue, avec talent et nuances, la richesse et la puissance de la partition tantôt émouvante tantôt épique. Un Concerto pour violon inoubliable s’approchant indéniablement des interprétations prestigieuses de Jascha Heifetz, David Öistrakh, Nathan Milstein, Itzhak Perlman, Vadim Repine, Maxime Venguerov, etc.

La deuxième musique de cette gravure revient aux fameuses Variations sur un thème Rococo de 1876, contemporaines de la Symphonie n° 4 dont elle ne partage aucunement le dramatisme, dans un arrangement pour violon et orchestre à cordes avec piano réalisé par . L’entreprise ne manque pas d’atouts et d’habileté mais on reconnaîtra que l’œuvre de Tchaïkovski pouvait parfaitement se dispenser de cette initiative.

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