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Finale du 13e Concours International de Piano d’Orléans

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Orléans. Théâtre Scène nationale. 18-III-2018. Finale : Maroussia Gentet, France : Franco Donatoni (1927-2000) : Arpège pour six instruments ; Paul Dukas (1865-1935) : Sonate en mi bémol mineur (Vivement, avec légèreté) ; Hèctor Parra (né en 1976) : Au cœur de l’oblique. Hyeonjun Jo, Corée du Sud : Donatoni, Parra ; Enrique Granados (1867-1916) : Goyescas (extrait) : El Amor y la Muerte. Miharu Ogura; Japon : Donatoni, Parra ; Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : 24 Préludes et Fugues (extrait) : 24 en ré mineur. MDI ensemble ; direction Yoichi Sugiyama

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    29386592_1836105456441990_5397774592347898137_nLe Théâtre d’Orléans accueille la finale du 13ᵉ Concours International de piano (OCI) et l’ensemble milanais MDI. Sur les trente-deux candidats qui ont concouru cette année, et après trois éliminatoires, ont été retenus la Française , le Coréen et la Japonaise . Au terme d’un parcours sans faille, Maroussia Gentet décroche le Premier Prix Blanche Selva et en rafle cinq autres, sur les quinze offerts généreusement par le Concours et ses nombreux partenaires financiers.

    Rappelons d’abord que ce concours international, présidé cette année par Madame Hie-Yon Choi, pianiste coréenne, est dédié au répertoire pianistique des XXᵉ et XXIᵉ siècles et qu’il attire les jeunes interprètes du monde entier. Douze pays sont représentés cette année, de l’Azerbaïdjan aux USA et de l’Asie aux contrées européennes. Tous les candidats avaient l’obligation d’inscrire à leur programme du premier tour une pièce de Debussy. « Je suis ravi que Debussy soit à l’honneur » nous dit , un des membres du jury. « Son interprétation réclame une grande fidélité au texte et une exigence technique qui situent d’emblée le niveau du candidat, ajoute-t-il. C’est une musique qui nous fait respirer tout en révélant une modernité étonnante ». Ce premier tour est aussi l’occasion pour chacun des interprètes de jouer en création une pièce nouvelle, qu’ils ont composée eux-mêmes pour certains, qu’ils ont montée en collaboration avec un jeune compositeur pour les autres. « L’idée est totalement novatrice » poursuit . « Elle pousse interprètes et compositeurs à travailler ensemble et à partager ce moment de création. Je suis émerveillé par l’ardeur de ces jeunes musiciens et cela me rend très optimiste quant à l’avenir de ce répertoire nouveau ».

    C’est le jeune Coréen et finaliste qui remporte le prix de composition André Chevillon, Yvonne Bonnaud, ex-aequo avec qui jouait également sa propre composition, Labyrinthe, lors du premier tour du concours.

    Deux œuvres sont imposées pour la finale : de d’abord, Arpège est une pièce pour six instruments – l’ensemble MDI dirigé par Yoichi Sugiyama – où le piano semble conducteur mais n’est jamais mis en vedette comme peuvent l’être le vibraphone, la clarinette ou la flûte. Avec un toucher tout à la fois léger et brillant, c’est la jeune et sémillante Miharu Ogura qui est la plus convaincante, restituant l’esprit ludique et fantaisiste de la partition, en phase avec un ensemble parfaitement à l’aise. De fait, la jeune Japonaise remporte la bourse en mémoire de . La seconde pièce jouée par les trois candidats est la commande passée par l’OCI à pour l’édition 2018 du concours. Le compositeur catalan, membre du jury en 2016, s’est inspiré des maquettes de l’architecte Claude Parent, celles de la chapelle de Sainte-Bernadette-du-Banlay notamment, pour écrire Au cœur de l’oblique, une pièce d’une quinzaine de minutes qui n’était pas donnée dans son intégralité. L’œuvre saisit par son envergure virtuose et l’investigation totale des ressources du piano. La première séquence se joue dans les cordes de l’instrument, exploitant la dimension percussive, résonnante et bruitée obtenue par des modes de jeu très spécifiques.

    maroussiagentet

    D’emblée, captive notre attention, par l’énergie du geste et le nuancier des couleurs qu’elle fait naître. Le jeu souple et ondoyant des avants-bras sur le clavier est spectaculaire et l’abattage virtuose dans les dernières pages impressionne. L’interprétation du troisième mouvement de la Sonate de (Vivement, avec légèreté) qui complète sa prestation, confirme tout à la fois la puissance et la maîtrise du clavier que déploie cette interprète de haut vol. Avec le Prix Sacem, les Prix Mention spéciale , Ricardo Vines et , elle remporte également le Prix des étudiants du Conservatoire : ceux-ci sont dans la salle, derrière le grand jury, pour choisir leur candidat.

    Après Donatoni et Parra, Hyeonjun s’engage quant à lui dans une interprétation très personnelle, bien menée mais contestable – concernant le choix des tempi surtout ! – de El Amor y la Muerte extrait des Goyescas de Granados, une œuvre majeure du compositeur espagnol écrite en 1915, qui sonne ce soir, sous les doigts du jeune pianiste, très… romantique !

    Récompensé pour ses prestations des deuxième et troisième épreuves, Hyeonjun Jo reçoit le Prix Mention Spécial (Sonate n°1) et Ysang Yun (5 Pièces pour piano).

    On retrouvera les trois finalistes au Théâtre des Bouffes du Nord le 25 mars pour le concert de gala invitant également les jeunes pousses et lauréats du Concours Brin d’herbe 2017.

    Crédits photographiques : © OCI

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    Orléans. Théâtre Scène nationale. 18-III-2018. Finale : Maroussia Gentet, France : Franco Donatoni (1927-2000) : Arpège pour six instruments ; Paul Dukas (1865-1935) : Sonate en mi bémol mineur (Vivement, avec légèreté) ; Hèctor Parra (né en 1976) : Au cœur de l’oblique. Hyeonjun Jo, Corée du Sud : Donatoni, Parra ; Enrique Granados (1867-1916) : Goyescas (extrait) : El Amor y la Muerte. Miharu Ogura; Japon : Donatoni, Parra ; Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : 24 Préludes et Fugues (extrait) : 24 en ré mineur. MDI ensemble ; direction Yoichi Sugiyama

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