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Au cœur du classicisme avec des quatuors de Friedrich Dotzauer

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Friedrich Dotzauer (1783-1860) : Quatuors pour flûte, violon, alto et violoncelle op. 38 et 57 ; Quatuor pour hautbois, violon, alto et violoncelle op. 37. Ensemble Pyramide : Markus Brönnimann, flûte ; Barbara Tillmann, hautbois ; Ulrike Jacoby, violon ; Muriel Schweizer, alto ; Anita Jehli, violoncelle. 1 CD Toccata Classics. Enregistré en juillet 2017 à Marthalen en Suisse. Textes de présentation en anglais et allemand. Durée : 66:02

 

TOCC0421coverLes trois quatuors pour flûte ou hautbois et trio à cordes de interprétés par l’ représentent, en quelque sorte, un modèle exemplaire de l’idéal classique.

Bien que soit né douze ans et demi après Ludwig van Beethoven, les compositions présentées dans ce disque, élaborées entre 1814 et 1822, sont d’un style marqué au sceau du raffinement et de l’élégance classiques. Si le Quatuor pour hautbois et trio à cordes en fa majeur op. 37 (1814-1815) et le Quatuor pour flûte et trio à cordes en la mineur op. 38 (1816) font penser à la musique de chambre d’un Haydn ou d’un Mozart, les traits brillants du Quatuor pour flûte et trio à cordes en mi majeur op. 57 (1822) renvoient à l’œuvre de Carl Maria von Weber.

Plus sérieuses qu’humoristiques, les exécutions proposées par l’ sont – conformément au caractère des pages abordées – d’une sonorité solaire et d’une tournure subtile. Exemptes d’agressivité et de contrastes expressifs marqués, qui seraient susceptibles d’entacher la délicatesse de la musique et perturber l’équilibre établi entre les instruments, elles sont toutefois tendues dans les climax, tout en mettant en lumière le sens de la couleur et la netteté de la forme. Fondées sur des jeux d’humeurs, elles ravissent par leur homogénéité, tant sur le plan de la technique des chambristes que par leurs qualités musicales. C’est ainsi que les cordes sont soyeuses et chantantes, la flûte se distingue par un éventail de teintes pastel, et le hautbois, par un timbre rond et argentin.

Ce beau disque, dont la prise de son pure émerveille, nous rappelle que l’idéal classique (la netteté architecturale, des enchaînements d’accords consonants, les relations de tonique à dominante, la simplicité mélodique et harmonique…) ne se cantonne pas à l’œuvre de Haydn, Mozart et Beethoven. La musique présentée par l’Ensemble Pyramide, encore que façonnée par un compositeur oublié et respectueuse des conventions formelles héritées de la deuxième moitié du XVIIIe siècle, est d’une richesse d’idées remarquable.

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