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Łukasz Borowicz aborde deux symphonies de Feliks Nowowiejski

À emporter, CD, Musique symphonique

Feliks Nowowiejski (1877-1946) : Symphonies n° 2 et 3. Orchestre philharmonique de Poznań ; direction : Łukasz Borowicz. 1 CD Dux. Enregistré en août et septembre 2017 au Grand hall de l’Université Adam Mickiewicz à Poznań. Textes de présentation en polonais et anglais. Durée : 73:19

 

feliks_nowowiejski_symfonie_duxL’œuvre de connaît une vraie renaissance au disque ces dernières années. La preuve par ces pages symphoniques enregistrées en première mondiale par et sa phalange de Poznań, des musiciens récompensés aux ICMA 2018.

La première des deux œuvres présentées dans cet album, la Symphonie n° 2, achevée en 1938, est connue sous le nom de Travail et rythme. D’une part, ce titre est emprunté à l’ouvrage Arbeit und Rhythmus du sociologue et économiste Karl Bücher ; d’autre part, il a sa source dans le voyage entrepris par Nowowiejski en Afrique du Nord, en 1904, pendant lequel l’artiste a vu des ouvriers travailler au rythme battu par un tambour. Si la structure de cette partition est façonnée en un mouvement, plusieurs phases, dans le développement rhapsodique de la narration, sont perceptibles. Par l’instrumentation, notamment la présence de la percussion, de même que par la mise en valeur du rythme et une certaine rudesse, austérité, voire une « sécheresse » de moyens d’expression, cette musique renvoie à la modernité d’un Bartók ou d’un Stravinsky.

Pour ce qui est de la Symphonie n° 3, élaborée dans les années 1936-1940, il s’agit d’une œuvre qui se distingue par une richesse instrumentale et une splendeur sonore rares, et qui saisit par la multitude d’ambiances qui donne un rendu vif et diversifié : gaieté, lyrisme, tendresse, mais aussi sérieux et grotesque avoisinant par moments le kitsch. Également écrite en un mouvement, cette page est, contrairement à la Symphonie n° 2, fortement ancrée dans l’esthétique néoclassique. Son instrumentation, ses combinaisons harmoniques et d’autres accents font penser à la musique française, particulièrement celle d’Albert Roussel que Nowowiejski a connu lors de son séjour parisien dans les années 1930, et avec qui il a correspondu après son retour en Pologne.

 interprète ces partitions avec une précision méticuleuse, en faisant attention aux moindres détails du tempo et des nuances. Son approche est tout à fait « moderniste » : on admire la transparence des textures, la régularité de la pulsation, la netteté de l’articulation, mais aussi, çà et là, l’ampleur des phrasés et un large éventail de teintes mettant en lumière la complexité de cette musique.

Pour ces premiers enregistrements mondiaux, le chef polonais établit ainsi d’emblée une référence pour ces pages.

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