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Kitajenko et le Gürzenich de Cologne pour la Symphonie n°2 de Sibelius

À emporter, CD, Musique symphonique

Jean Sibelius (1865-1957) : Symphonie n° 2 en ré majeur op. 43 ; Edvard Grieg (1843-1907) : Allegretto grazioso des Danses symphoniques op. 64 n° 2 ; Dernier printemps des Deux Mélodies élégiaques op. 34 n° 2. Orchestre du Gürzenich de Cologne, dir. Dmitrij Kitajenko. 1 CD Oehms Classics OC 457. Enregistré à Cologne en juin 2015 et septembre 2017. Notice bilingue : allemand et anglais. Durée : 63:27

 

Les Clefs d'or 2018

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Au soir d’une brillante carrière, Dmitri Kitajenko s’associe au Gürzenich de Cologne pour servir la symphonie « italienne » de .

Le succès phénoménal enregistré par cette Symphonie n° 2 lors de sa création à Helsinki le 8 mars 1902 sous la conduite du compositeur fut suivi de trois autres concerts soulevant également un enthousiasme populaire comme n’en avait jamais connu la Finlande.

Toutefois, au plan international, les nouveautés véhiculées par la musique de Sibelius heurtèrent nombre de commentateurs bousculés dans leurs analyses routinières. Les croissances thématiques inouïes qui infiltrent la partition, les rythmes expansifs entraînant soudain arrêtés, les coloris inusités des différents pupitres et de l’ensemble de la phalange, le dynamisme rare et le vocabulaire si personnel eurent longtemps à pâtir des jugements à l’emporte-pièce. Ce démarrage douloureux n’est plus qu’un lointain souvenir consigné dans les histoires de la musiques européenne.

Si nombreux furent ceux qui pensèrent au rôle patriotique assumé par la musique de Sibelius, ce dernier, sans le rejeter, préférait éviter une position excessivement nationaliste. Heureusement, car à l’écoute de cette musique admirable et éclatante, enchanteresse et majestueuse qui, tout en semblant avoir bénéficié du brûlant soleil d’Italie, à aucun moment ne renonce à l’expression de sa mentalité nordique.

D’immenses chefs ont défendu la symphonie « italienne » du père de la Valse triste et de Finlandia tant au concert qu’au disque. Le Russe Dmitri Kitajenko, né à Leningrad en 1940, à la tête d’une fabuleuse carrière (Moscou, Bergen, Francfort, Berne, Cologne, Berlin, Qatar…) a défendu avec talent un vaste répertoire (Tchaïkovski, Rachmaninov, Scriabine, Prokofiev, Chostakovitch…) côtoyant régulièrement les meilleures références mondiales.

Son interprétation de l’opus 43, à la tête de l’, une des plus fameuses phalanges germaniques, confirme, s’il était besoin, sa grande maîtrise formelle, son habilité à traiter les courts et pénétrants motifs infiltrant la symphonie, son autorité à imposer les associations instrumentales exigées, sa virtuosité dans la conduite du contrepoint symphonique. Travail sans doute facilité par l’homogénéité des cordes, la merveilleuse présence des bois, l’incroyable cohésion et flamboiement des cuivres et le respect des tempos larges et amples.

Ce décryptage au sommet place cette lecture aux côtés des inoubliables Bernstein, Davis et Karajan, sans omettre, parmi les nordiques, Vänskä, Järvi, Storgårds, Oramo, Inkinen.

La présence de Grieg aurait pu être évitée au profit d’une pièce moins fréquentée du maître finlandais.

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