FBS-ResMusica-mégaBannière

Retour à Robert Schumann avec Jean-Marc Luisada

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Robert Schumann (1810-1856) : Davidsbündlertänze op. 6 ; Mélodie op. 68 n° 1 ; Träumerei op. 15 n° 7 ; Frölicher Landmann op. 68 n° 10 ; Humoreske op. 20. Jean-Marc Luisada, piano Steinway et sons. 1 CD RCA red seal. Enregistré à Berlin (Jesus-Christus-kirche) du 29 au 31 Janvier 2018. Notice trilingue français, anglais et allemand. Durée : 70:29

 

schumann_luisada_rca

Il y a tout juste trente ans, Jean Marc Luisada gravait pour la première fois Les danses des compagnons de David op. 6 et l’Humoreske op. 20 de Schumann pour le label Harmonic Records. Il revient aujourd’hui au disque avec une nouvelle version à l’image de son évolution artistique, apollinienne et introspective. 

Depuis ses débuts, s’est imposé comme un spécialiste de la musique de Frédéric Chopin et de , deux compositeurs de prédilection pour lui. Avec Schumann, nous entrons dans son jardin intime. Il sait lui parler et nous transmettre ce dialogue subtil et éloquent.

Les deux œuvres majeures de ce CD semblent soudées comme les doigts de la main, par ce mot clé « humor » retrouvé à la fois dans le titre, la partition, et les notes. Que signifie-t-il pour Schumann ? De l’humour, de l’humeur, de l’esprit ou divers états d’âme ? , au gré des pages, exprime ces changements nombreux depuis un sombre lyrisme jusqu’à une excitation sans limite. Ce qu’offre cette version de premier rang, c’est la mise à distance de tout maniérisme et de tout narcissisme. On se plairait presque à reconnaître là un Schumann classique. Et pourtant, tous ces états d’âme successifs sont rendus au millimètre, grâce à une prise de son rapprochée qui ne laisse perdre aucune goutte du discours tourmenté. L’auteur, dans une lettre à son épouse Clara, lui exprime combien « il a ri et pleuré à la fois » en composant l’Humoreske, assis à son piano.

Comme pour nous reposer de ces deux monuments, Jean-Marc Luisada insère en guise d’interlude trois courtes pièces. La première, Traumerei (Rêverie), tirée des Scènes d’enfants op. 15, célèbre mélodie souvent adaptée pour de nombreux instruments solistes dont le violoncelle. Les deux autres sont des feuilles d’Album pour la jeunesse op. 68, fréquentées par les pianistes débutants : une Melodie et puis surtout le fameux Fröhlicher landmann (Joyeux laboureur) qui a dû rappeler quelques souvenirs lointains à l’interprète.

Déjà récompensé par la critique lors de la première version de ces œuvres en 1988, Jean-Marc Luisada réussit une nouvelle fois à nous faire aimer cette musique parfois exigeante, se plaçant au sommet de la discographie aux côtés de rares versions de référence, dont celle de Walter Gieseking en 1951. La belle acoustique de la Jesus-Christus-Kirche célèbre église berlinoise contribue à porter ce rêve en marche tout au long de ces pages d’exception.

Banniere-clefdor1-aveclogo

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.