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Jean-Yves Thibaudet, Lisa Batiashvili et Gautier Capuçon en trio à Paris

Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

Paris. Philharmonie 1. Grande Salle Pierre Boulez. 13-XI-2018. Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Trio pour piano et cordes n° 1 en ut mineur op. 8 ; Maurice Ravel (1875-1937) : Trio pour piano, violon et violoncelle en la mineur ; Felix Mendelssohn (1809-1847) : Trio pour piano, violon et violoncelle n° 2 en ut mineur op. 66. Jean-Yves Thibaudet, piano ; Lisa Batiashvili, violon ; Gautier Capuçon, violoncelle

Lisa_Batiashvili-8-photo_Kasskara-XXxSScm_COL_300DPI_RGBEngagés en trio dans une vaste tournée européenne autour d’un programme éclectique associant Chostakovitch, Ravel et Mendelssohn, le concert à la Philharmonie de Paris de , et permet de s’assurer du bien fondé de leur association.

Il existe toujours une certaine crainte à voir s’associer, le temps d’une tournée, trois superstars reconnues pour leur activités solistes, tant les égos peuvent parfois dénaturer une interprétation en matière de musique de chambre, et de trio en particulier. Crainte légitime, mais non fondée ce soir, tant la complicité des musiciens et l’équilibre des parties ne furent jamais mises en défaut tout au long de ce superbe récital.

Le Trio n°1 de est une œuvre inspirée d’un amour de jeunesse, composée à l’âge de 17 ans, d’où son aspect un peu sommaire laissant entrevoir parfois quelques fulgurances annonçant le grand compositeur en devenir. Une composition qui repose plus sur la juxtaposition des voix que sur leur nécessaire superposition, et force est de reconnaître que malgré tout leur talent les trois musiciens peinent à rassembler ce qui est épars, sauf peut-être dans le Final. On se contente donc des performances solistiques de belle tenue et d’échanges de regards complices, en lieu et place d’une vraie émotion…

Le Trio de nous propose ensuite, et heureusement, d’autres ivresses par son envoûtante alchimie des timbres, ses nuances et ses contrastes, exaltés encore par la virtuosité des intervenants, la variété des rythmes, et la précision de la mise en place. Une lecture remarquable aux accents élégiaques alternant avec des sonorités mordantes, portée au climax par le lyrisme de Lisa Batiahsvili, l’ampleur sonore et l’élégance du vibrato de soutenus tous deux par la rigueur de l’écoute de , magistral dans le Final apocalyptique.

Le célèbre Trio de conclut la soirée sur une œuvre ambitieuse très romantique, quasi symphonique, toute inondée de joie, qui donne l’occasion, une fois encore, aux musiciens de faire montre de leur brillante complicité et du bien-fondé de leur association.

En bis, en hommage aux victimes des attentats du 13 novembre 2015, les trois chambristes jouent une transcription d’une mélodie de Tchaïkovski, une belle façon de se souvenir.

Crédit photographique :  ©  Kasskara

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