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Le Quatuor Jerusalem pour deux soirs à Radio France

Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

Paris. Maison de la Radio, Studio 104. 11-XII-2018. Joseph Haydn (1732-1809) : Quatuor à cordes en sol majeur op. 76 n°1. Claude Debussy (1862-1918) : Quatuor à cordes. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Quatuor à cordes n°10 « Les harpes ».
12-XII-2018. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Quatuor à cordes K. 458 « La chasse ». Maurice Ravel (1875-1937) : Quatuor à cordes. Dmitri Chostakovitch (1906-1975) : Quatuor à cordes n°2 en la majeur op. 68. Quatuor Jerusalem

Jerusalem Quartet c.Felix Broede 2Pour deux soirs au Studio 104 de la Maison de la Radio, le Quatuor Jerusalem s’attèle à six pièces de compositeurs distincts, des Autrichiens Haydn et Mozart romantisés par le jeu fluide de quatre instrumentistes particulièrement à l’aise ensemble, aux Français Ravel et Debussy dont l’Andantino médian constitue le moment le plus intense des deux programmes.

Le concert du Quatuor Jerusalem dans l’Auditorium de Radio France avait été l’un des grands soirs de musique de chambre la saison précédente à Paris, tout particulièrement pour son Quatuor Américain de Dvořák de très haute tenue. L’ensemble retrouve cette saison à nouveau Paris et la Maison de la Radio, cette fois au Studio 104, pour deux programmes fournis.

Le Quatuor à cordes opus 76 n° 1 de ouvre la première soirée et montre déjà la capacité du groupe à jouer ensemble. Les quatre musiciens se connaissent parfaitement et n’ont presque jamais besoin de se regarder, ils avancent en fonction des respirations du premier violon, Alexander Pavlovsky, supérieur par l’agilité et l’intelligence de son jeu. Le second violon Sergeï Bresler se met alors toujours quelque peu en retrait, pour un meilleur résultat chez Haydn et le lendemain chez Mozart, où il a souvent la partie de contre-chant, que chez Ravel ou Chostakovitch chez lesquels il pourrait proposer plus de personnalité dans certaines parties où il doit prédominer.

Avec le Quatuor n° 2 opus 68 de Chostakovitch, le jeu trouve une couleur plus sombre, toutefois éloignée de celles exposées par les formations russes à l’instar des Borodine, qui ont réellement dans leurs gènes et leur histoire la compréhension du sens d’une telle noirceur dans cette musique. Le Quatuor Jerusalem est plus romantique et des ouvrages plus colorés lui conviennent mieux, tout particulièrement le Quatuor de Debussy programmé au premier concert. En plus de l’énergie du premier violon et du juste accompagnement du second, il offre de belles phrases à l’alto d’Ori Kam et de magnifiques soli au premier violoncelle de , superbe instrumentiste déjà remarqué par le passé, dont le jeu plein dénote toute sa puissance grâce au magnifique instrument de Jacqueline Du Pré sur lequel il joue.

Après le premier mouvement, Animé et très décidé puis le Scherzo, l’Andantino trouve comme demandé par la partition une expressivité particulière, superbement soutenue par tous les musiciens et tout particulièrement par le violoncelle. Le Quatuor n° 10 « Les Harpes » de Beethoven clôture cette première soirée avec là encore une belle démonstration dans la capacité à jouer en groupe, en même temps qu’une véritable intelligence du propos. Seul ce premier concert bénéficiera d’un bis, un délicieux Allegretto Pizzicato du Quatuor n°4 de , qui démontre, plus encore qu’au début du deuxième mouvement de Debussy et que chez Ravel le lendemain, l’aisance des quatre musiciens autant avec que sans archets. Avec vingt-cinq ans de carrière aujourd’hui, le Quatuor Jerusalem se place définitivement parmi les meilleures formations de la scène mondiale.

Crédit photographique : © Felix Broede

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