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Hermine Horiot et son violoncelle en excursion dans le Nord

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Boréales. Jean Sibelius (1865-1957) : Thème et Variations ; Ingvar Lidholm (1921-2017) : Fantasia Sopra Laudi ; Pēteris Vasks (né en 1946) : Grāmata Čellam-The-Book ; Nicklas Schmidt (né en 1976) : Fluctuation 13 : Arne Nordheim (1931-2010) : Clamavi ; Arvo Pärt (né en 1935) : Fratres. Hermine Horiot, violoncelle. Arrangement pour violoncelle, quatuor à cordes, piano et électroniques par Julien Podolak. 1 CD 1001 NOTES 13. Enregistré à Paris et Vincennes, décembre 2017 et janvier 2018. Notice bilingue : français-anglais. Durée : 63’13

 

boréales_horiotSix compositeurs de six pays d’Europe septentrionale reçoivent la visite de la violoncelliste dans un répertoire trop peu approché sous nos latitudes. Tous méritent de faire entendre leurs musiques singulières hors de leurs frontières natales.

Mis à part le fameux Fratres d’ dont il existe plusieurs versions : une pour violoncelle seul (1980), une pour orchestre à cordes et percussion (1982), sans oublier celle pour  quintette à cordes et quintette à vent et celle pour nonette (1977), nous propose un arrangement requérant un quintette à cordes, piano et électroniques réalisé par Julien Podolak et validé par le maître estonien.

Dès l’audition, cette œuvre d’un jeune Sibelius de 22 ans nous paraît solide et motivée. Elle appartient au remarquable et singulier corpus de musique de chambre du Finlandais sans pour autant rappeler l’esthétique inimitable avec ses élans nationalistes qu’il définira après sa fréquentation du Kalevala.

Les autres créateurs s’expriment par le biais d’un large panel expressif évoluant d’un souvenir ému de la mélodie à son bannissement commandé par certaines avant-gardes, bien que quelques résurgences de bribes romantiques et tonales finissent toujours par réapparaître. Ainsi en est-il de Fantasia Sopra Laudi (1977) du Suédois influencé par Stravinsky, Bartók et Hindemith ou encore du Danois dont la récente musique pour Fluctuation 13 (2017), riche de multiples sources, procure un art attrayant et alléchant. Cette alternance et ce mixage de modernité et de respect du passé se retrouve dans une œuvre très intéressante du Letton (né en 1946) : Grāmata Čellam-The-Book  1946) dont les deux parties très contrastées, Fortissimo et Pianissimo charment respectivement par leur agressivité et leur rudesse puis par leur climat presque lyrique proche d’un chant populaire.

Enfin, l’habile , pionnier de la musique électronique en Norvège, figue avec Clamavi (1980), une pièce toute de profondeur mystérieuse.

Hermine Horiot, à la tête d’un parcours musical intéressant, joue un violoncelle fabriqué à son intention et brille par sa musicalité indiscutable et ses choix courageux et motivés de pièces à découvrir, assurément.

 

 

 

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