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Intérieur-extérieur avec Éric Broitmann

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Eric Broitmann (né en 1971) : Les chemins de Colone ; De l’espace et du temps. Œuvres sur support. 1 CD Motus. Livret français et anglais. Durée : 73:00

 

GABARITS DIGISLEEVE-4P-2SLEEVE-BROITMANNLa musique électroacoustique d’ nous convie à un voyage sonore à travers des fragments de mémoire associés librement, dans un aller-retour constant entre le dedans et le dehors, entre un flux continu et l’inattendu des ruptures qui construisent la dramaturgie.

Les cinq mouvements des Chemins de Colone (45′), un titre que le compositeur emprunte au poète Henry Bauchan (Les vallées du bonheur profond) font vivre ces contrastes et l’ambivalence du propos : entre le flux lisse et doucement incantatoire, à peine altéré, des premières minutes (« Éveil ») et l’évocation du dehors faisant naître un paysage sonore (« Le moi et l’autre – écarts »). On pense au regretté Luc Ferrari et à sa « musique anecdotique » dans ces instants plus intimistes où la voix est toujours vecteur de l’émotion.

Conçue comme une sorte de phonographie (field recording dirions-nous aujourd’hui), ces séquences modifient radicalement l’espace et le temps. Plus abruptes encore sont les ruptures qui s’exercent entre la trame sonore entretenue dans « Sans moi résonne » et la violence du geste et ses impacts résonnants qui en altèrent la perception. Le dernier mouvement (« Les chemins de Colon ») réutilise le matériau déjà exposé dans un montage kaléidoscopique très réussi où les images s’enchainent et se bousculent dans la tête multiple du compositeur.

De l’espace et du temps, la seconde pièce de l’album (26′) réinvestit cette manière singulière de balancer entre temps dilaté et replié, entre le dedans et le dehors. La pièce d’un seul tenant (2015) est une commande du festival « En chair et en son » associant la musique électroacoustique et la danse butō. Broitmann instaure un espace de tension entre les flux sonores à évolution lente qui étirent le temps et les « scènes » d’extérieur s’inscrivant sur le temps du quotidien. La superposition des deux milieux sonores crée l’ambiguïté recherchée par le compositeur et confine à l’onirique.

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