Carmen-banniere-728x90

Quand Offenbach écrivait au Figaro

À emporter, Essais et documents, Livre, Musicologie

M. Offenbach nous écrit, Lettres au Figaro et autres propos réunis et présentés par Jean-Claude Yon. Actes Sud / Palazzetto Bru Zane. 479 pages. 13 €. Janvier 2019

 

LIVRE_OffenbachDéjà côtoyé lors de sa tournée américaine en 1876, Offenbach reprend la plume grâce au travail de compilation et d’analyse de et à la publication de ces textes par le et Actes Sud en cette année anniversaire (soit le bicentenaire de la naissance du compositeur).

Mais dans les 110 textes rassemblés par son biographe (, Gallimard, 2000), en fait 117 au total avec les annexes, seules 38 lettres destinées au fondateur du Figaro sont véritablement rédigées par le musicien. Dommage que le titre de cette compilation de moins de 500 pages induise le lecteur en erreur. Les annexes dépassent même le cadre des rapports entre le musicien et le journal, les articles les constituant étant initialement publiés dans L’Artiste, L’Autographe, et Paris-Murcie. L’objectif de l’auteur est pourtant clairement annoncé : « mettre les lecteurs en contact direct avec Offenbach ». Même si un grand nombre de ces textes ne font pas l’objet d’une première publication, le travail particulièrement rigoureux de celui qui les a regroupés apporte une véritable valeur ajoutée à cet ouvrage. replace chaque article dans son contexte, qu’il soit artistique, historique ou social, et transmet de solides informations biographiques au lecteur. Son excellente introduction traduit dès les premières pages ce travail minutieux et riche, malgré les quelques faiblesses de conception de cette proposition.

La présentation par ordre chronologique tout d’abord. Lire ces articles « à la chaine », même si Offenbach et les autres auteurs ne manquent ni de pertinence ni d’humour, est en vérité quelque peu fastidieux. Mais sans chapitre délimitant clairement les thématiques abordées, Jean-Claude Yon ne laisse aucun choix à son lectorat. Ainsi, il ne facilite pas le travail d’un chercheur qui souhaiterait n’aborder qu’un certain angle, ou du lecteur qui n’aurait pas envie de suivre le chemin proposé. Pourtant, cette construction paraissait assez simple à mettre en œuvre entre le concours d’opérette, les fêtes « privées » de l’artiste, son bilan après deux ans d’ouverture des Bouffes-Parisiens puis sa démission de la direction, son autopromotion pour Barkouf ou Bergers ainsi que ses succès outre-Atlantique.

Le marketing selon Offenbach

Ce que met en exergue principalement ce livre, c’est le rapport particulièrement moderne du musicien avec son public, véritable superstar du show-biz que Voyage en Amérique, unique opus dans la carrière littéraire d’Offenbach, traduisait concrètement avec des foules en délire sous la fenêtre de ses hôtels. Ici, c’est un véritable « plan marketing » que le musicien met en place grâce à son amitié avec Hippolyte de Villemessant. Ses lettres envoyées au journaliste sont tout autant destinées à l’homme qu’aux lecteurs de son journal parisien. Soutien indéfectible, le journal offre une publicité flatteuse aux ouvrages lyriques de moindre notoriété, La Vie Parisienne, Les Brigands et Fantasio étant à peine évoqués dans ces pages. La contextualisation précieuse de Jean-Claude Yon replace dans son temps. La plume du compositeur replace le musicien dans le nôtre.

Banniere-ClefsResmu-ok

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.