Evgeny Kissin et le Quatuor Emerson à Carnegie Hall

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Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Quatuor avec piano en sol mineur K. 478. Gabriel Fauré (1845-1924) : Quatuor avec piano en ut mineur op. 15. Antonín Dvořák (1841-1904) : Quintette avec piano en la majeur op. 81. Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Scherzo. Allegretto extrait du Quintette avec piano en sol mineur op. 57. Evgeny Kissin, piano ; le Quatuor Emerson. 2 CD Deutsche Grammophon. Enregistré lors d’un concert public, le 27 avril 2018, à l’auditorium Isaac Stern au Carnegie Hall à New York. Textes de présentation en anglais et allemand. Durée totale : 99:23

 

KissinLe nouveau disque d’ et du , enregistré en concert à Carnegie Hall en avril 2018, est bon, mais laisse sur notre faim.

Si est connu des mélomanes chevronnés pour avoir été un enfant prodige, étiquette qu’on lui avait accroché durant de nombreuses années, nous l’apprécions principalement pour la magnifique sonorité qu’il est capable d’extraire de son instrument. L’artiste vient de publier son deuxième album chez Deutsche Grammophon, intitulé The New York Concert. Cette fois, il aborde de la musique de chambre, accompagné du ou, dans les quatuors avec piano, de membres de cette formation (sans le deuxième violoniste).

Le Mozart servi au début de ce programme s’avère un « apéritif » de bon goût qui aiguise l’appétit pour le plat principal. En effet, l’interprétation de cette partition est une combinaison appropriée de modération dans l’expression et de raffinement des couleurs. Pour ce qui est de la lecture de la page de , on y perçoit de la fièvre, en pensant à l’état d’esprit français de l’époque où elle fut élaborée, quelques années après 1870, lorsque, deux jours avant la proclamation de la Troisième République, la fille aînée de l’Église subit une défaite militaire à Sedan, dans la guerre franco-prussienne. La prestation pourrait être un peu plus spontanée, notamment dans le Scherzo. Allegro vivo, ce qui ne change rien au fait que, du point de vue global, elle est réussie, notamment en raison de la sonorité veloutée et voluptueuse des cordes (magnifiques alto et violoncelle) et du toucher perlé du pianiste, avec un accent particulier mis sur l’intensité de sa basse.

Dans le quintette de Dvořák, on ressent une certaine lourdeur, compensée par un lyrisme profond (Dumka. Andante con moto) et la mise en valeur du caractère mélodique typique de son œuvre. L’extrait de la composition de Chostakovitch donné en bis est une sorte de quintessence de ce que nous avons pu entendre dans ce disque ; d’un côté, cette exécution présente une large palette de nuances, et, de l’autre côté, elle manque parfois de clarté du phrasé.

Ce texte est une adaptation d’une chronique parue originellement en polonais.

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