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Rafael Kubelík dans la Neuvième et la Missa Solemnis de Beethoven

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Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonie n° 9 en ré mineur pour grand orchestre, quatre solistes et chœur op. 125 ; Messe solennelle en ré majeur op. 123. Helen Donath, soprano ; Brigitte Fassbaender, mezzo-soprano ; Horst Laubenthal, ténor (dans l’op. 125 uniquement) ; Hans Sotin, basse (op. 125) ; Peter Schreier, ténor (op. 123) ; John Shirley-Quirk, baryton-basse (op. 123) ; Chœur et Orchestre symphonique de la Radiodiffusion bavaroise ; direction : Rafael Kubelík. 2 CD Orfeo. Enregistré lors de concerts publics le 10 mars 1977 (messe) et le 14 mai 1982 (symphonie) dans la Herkulessaal de Munich. Notice de présentation (courte) en allemand et anglais. Durée totale : 2:26:20

 

4011790180410Orfeo publie un double album des gravures beethoveniennes de parues originellement chez le même label en 1989 (Symphonie n° 9 op. 125) et 1994 (Missa Solemnis op. 123).

Dès les premières mesures, l’interprétation de la symphonie révèle l’intensité dramatique conjuguée à l’approche intellectuelle du chef d’orchestre. Nous nous délectons aussi bien de la musicalité des phrasés et d’une imagination sonore exceptionnelle de sa part que du raffinement des couleurs, notamment du timbre riche en harmoniques, velouté et profond des cordes. C’est une façon de diriger cette œuvre qui favorise à la fois la beauté suggestive du côté mélodique et l’élément analytique. Celui-ci met en valeur nombre de sons d’habitude inaudibles, qui ici sont naturels et ne semblent pas accidentels. Les solistes ne déçoivent pas non plus. Parmi eux, nous sommes captivés particulièrement par la basse de velours de et le ténor sincère, bien que légèrement nasal de Horst Laubenthal.

La lecture de la Missa solemnis, enregistrée en 1977, est moins transparente du point de vue de la qualité technique de la prise de son. Elle donne l’impression, peut-être pour cette raison, d’être lourde et dénuée de fraîcheur. Sans nul doute, ceci résulte également du tempo relativement lent du Kyrie. Encore qu’une explosion d’énergie survienne dans le mouvement Gloria, on aurait aimé y percevoir plus de souplesse agogique et de spontanéité, qui fait aussi défaut aux solistes. Ceux-ci interprètent leurs parties avec panache, mais plutôt à travers le prisme du répertoire lyrique que dans l’esprit de la musique sacrée. Par conséquent, leur prestation est empreinte d’une sorte d’artificialité dont s’accompagnent un vibrato et une théâtralité excessifs qui ne sont pas idéalement adaptés à cette partition.

Voici un album pour lequel on préfère l’exécution complexe mais cohérente de la dernière symphonie de Beethoven.

Ce texte est une adaptation d’une chronique parue originellement en polonais.

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Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonie n° 9 en ré mineur pour grand orchestre, quatre solistes et chœur op. 125 ; Messe solennelle en ré majeur op. 123. Helen Donath, soprano ; Brigitte Fassbaender, mezzo-soprano ; Horst Laubenthal, ténor (dans l’op. 125 uniquement) ; Hans Sotin, basse (op. 125) ; Peter Schreier, ténor (op. 123) ; John Shirley-Quirk, baryton-basse (op. 123) ; Chœur et Orchestre symphonique de la Radiodiffusion bavaroise ; direction : Rafael Kubelík. 2 CD Orfeo. Enregistré lors de concerts publics le 10 mars 1977 (messe) et le 14 mai 1982 (symphonie) dans la Herkulessaal de Munich. Notice de présentation (courte) en allemand et anglais. Durée totale : 2:26:20

 
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