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Découverte de l’orgue breton de Quelven avec Frédéric Deschamps

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Jacques Hotteterre (1674-1763) : Prélude ; Allemande La Royale ; Gavotte La Maillebois ; Rondeau Le Duc d’Orléans. Thoinot Arbeau (1519-1595) : Belle qui tiens ma vie. Antonio de Cabezon (1510-1566) : Diferencias sobre « La Dama le demande » ; Pavana y su glosa. Anonyme 17° siècle : Courante ; Courante de la Royne. Pierre-François Caroubel (1556-1611) : Bransle simple. Michael Praetorius (1571-1621) La Bourée ; Spagnioletta. Bernardo Storace (1637-1707) : Aria sopra la Spagnioletta. Tomaso Albinoni (1671-1751) : Adagio op. 6 n° 2. Johann Pachelbel (1653-1706) : Arietta. Jacques Boyvin (1649-1706) : Conçert pour les fluttes. Jean-Baptiste Lully (1632-1687) : Pavane ; Ouverture de Proserpine. Pierre du Mage (1674-1751) : Tierce en taille. Frédéric Deschamps à l’orgue historique Henri-Augustin Brière (1709) Jean-François Muno (2000) du Sanctuaire Notre-Dame de Quelven (Bretagne). 1 CD VOC. Enregistré à Quelven le 31 juillet 2018. Livret en français. Durée totale : 52:11

 

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Fidèle à son habitude, l’organiste albigeois aime nous faire découvrir des répertoires peu fréquentés sur des orgues historiques de grande qualité, eux aussi peu connus et pourtant d’un grand intérêt musical. Grâce à un programme adapté au style de cet instrument, toutes ses couleurs nous en sont ainsi révélées.

Pour commencer, nous parlerons de la prise de son de cet orgue baroque aux sonorités franches et directes. Dans une acoustique nette, caractéristique d’une église de taille modeste, l’orgue de Quelven offre des sons riches en reliefs et couleurs diverses, à l’image de son buffet polychrome. Outre son jeu aux claviers, l’organiste préside également à la captation sonore de l’instrument avec beaucoup de brio. Qui finalement autre que l’organiste est mieux à même d’appréhender la perception exacte de ce qu’il souhaite faire écouter à l’auditeur ? Les micros n’entendent pas comme les oreilles, elles-mêmes capables de corriger et ajuster certains défauts acoustiques ou d’éloignement, ce dont le micro est incapable. L’orgue est trop souvent enregistré en fond de nef et ne procure pas suffisamment les émotions attendues. L’interprète, au cœur du son, rétablit une proximité propice à la perception. D’ailleurs, la plupart des grands preneurs de son d’orgue ont souvent pratiqué le clavier, les exemples sont nombreux. Ces problèmes de captation furent soulevés il y a bien longtemps par des artistes comme , qui souhaitait entendre l’orgue comme un orchestre bouillonnant.

Dans cet enregistrement, réalisé comme pour un orchestre baroque, le programme se déroule agréablement et essentiellement au travers de transcriptions, une pratique commune depuis toujours, regroupant des auteurs français dont Hotteterre, plus connu des amateurs comme flûtiste, ou espagnols avec Antonio de Cabezon et ses fameuses danses et chansons profanes. L’Italie apporte sa touche violonistique avec et la magie de ses Arias avec Bernardo Storace. Cette soif de danses se retrouve en Allemagne avec et . La fin du récital revient aux auteurs français de la génération qui connu le XVIIe siècle, âge d’or, avec Lully, Boyvin et Du Mage.

Le jeu de Frédéric Deschamps est opportun à chaque instant, et épouse parfaitement les formes musicales et les climats qu’ils génèrent. L’orgue ancien de Quelven apporte ici cette justesse de ton, cette précision mécanique indispensables. Plusieurs éléments remontent au début du XVIIIe siècle dont le bloc des claviers. Le diapason est bas (415 Hz) et le tempérament est mésotonique, favorisant la pureté des tierces. L’harmonie, c’est-à-dire la manière même de donner le son à l’orgue, est remarquablement maitrisée et équilibrée. Elle est l’œuvre du facteur Jean-François Muno, spécialiste de l’orgue ancien, qui s’est déjà distingué sur d’autres instruments (Cathédrale d’Auch, St-Chinian, Gray). Sur un tel orgue, les goûts et talents réunis de ces deux artistes procurent un résultat des plus excitants, et font de ce disque un témoin idéal pour des musiques parfois tombées dans un injuste oubli. Le « Regard de l’Orgue » est là pour nous les rappeler.

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