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Coup de foudre à Helsinki : Nicholas Collon et l’Orchestre de la radio finlandaise

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Helsinki. Helsinki Music Centre. 17-V-2019. Julian Anderson (né en 1967): Fantasias; Maurice Ravel (1875-1937): Concerto pour piano en sol majeur; Hector Berlioz (1803-1869): Symphonie Fantastique, Op. 14. Fazil Say, piano. Orchestre symphonique de la radio finlandaise, direction : Nicholas Collon

nc_bw_1_credit-jim-hinsonAprès leur deuxième rendez-vous, il semble que l’ et aient une belle relation devant eux.

L’ a connu un double coup de théâtre ces derniers temps. Début avril, leur chef d’orchestre actuel, Hannu Lintu, a annoncé qu’il quitterait ses fonctions en 2021. À peine trois semaines plus tard, le FRSO annonçait que son prochain chef d’orchestre serait , à compter de 2021. Né et basé à Londres, Collon sera le premier chef non finlandais à occuper ce poste.

La relation entre Collon et l’orchestre peut être décrite comme un coup de foudre. Avant ce soir, l’unique apparition de Collon devant la phalange remonte à 2017, dans le cadre d’un programme en forme de défi avec Adès et Prokofiev. Avec cette seule apparition, Collon a fait une telle impression sur les musiciens et la direction que lorsqu’est venu le temps d’élire le prochain chef principal, Collon a été choisi à l’unanimité par les musiciens. Inutile de dire que les attentes étaient très élevées pour le programme de ce soir, le premier de Collon avec le FRSO depuis son élection au poste de chef d’orchestre.

Collon a choisi un programme varié s’étendant sur plusieurs siècles : , Ravel et Berlioz. Les Fantasias s’ouvrent avec des cuivres seuls dans une fanfare virtuose qui était dentelée et harmoniquement rauque mais toujours accrocheuse et prenante. Le mouvement suivant est marqué par des figures nerveuses aux cordes et aux bois. Les autres mouvements sont des explorations immersives dans le son et les possibilités expressives du grand orchestre.

Après Anderson vient le morceau incontournable de , le Concerto en sol.  apporte au premier mouvement une touche spontanée, peut-être même improvisée, qui s’achève dans la plus excitante des conclusions. Say joue le long solo d’ouverture dans le magnifique deuxième mouvement comme s’il s’agissait d’une berceuse, d’une délicatesse presque douloureuse. Du dernier mouvement, disons simplement qu’il l’enlève avec une facilité déconcertante.

En clôture du programme, place à la Symphonie Fantastique d’. Dirigeant sans partition, cette pièce de démonstration est le vecteur approprié pour permettre à Collon de déployer son style et donner une idée de son rapport avec son futur orchestre. Le souci du détail est l’un des points forts de cette interprétation, par exemple la trompette solo et les harpes au deuxième mouvement mises littéralement en avant et au centre. Il y a aussi une certaine tension tout au long de cette interprétation ; l’exagération romantique est évidente, mais elle est présentée avec un naturel à la fois net et raffiné.

Le résultat de ce programme est une preuve supplémentaire que, au moins dans le monde des orchestres, le coup de foudre est possible. Au terme de leur deuxième rendez-vous, il semble que l’Orchestre symphonique de la radio finlandaise et Collon soient promis à une belle relation.

Traduction : Jean-Christophe Le Toquin
Crédit photographique : Nicholas Collon © Jim Hinson

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