Le body mapping ou la cartographie mentale du corps

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Enseigner le body mapping aux enfants. Jennifer Johnson. Editions Van de Velde. 103 pages. 2019. 15 euros

 

le_body_mapping_jennifer_johnsonJennifer Johnson, violoniste et éducatrice certifiée dans le domaine du body mapping souligne les réalités anatomiques, offre des exercices visant à corriger des erreurs de cartographie corporelle ainsi que des outils de prévention des blessures chez les jeunes et moins jeunes étudiants en musique. Un vaste programme qui nous entraîne dans les profondeurs de nos tendons.

Jennifer Johson veut nous apprendre à décrypter ce que notre corps veut nous transmettre. Curieusement, on se rend compte qu’il est difficile d’écouter son propre corps, comme si nous ne parlions pas la même langue que lui. Comme si c’était un étranger ou un problème mathématique particulièrement hermétique.

Car il y a bien une réalité anatomique, un fonctionnement propre à ce qui nous constitue, au fond une sorte de machinerie mécanique extraordinaire qui, pour beaucoup, musiciens ou non, ressemble encore à une sorte de lointaine planète, inaccessible, incompréhensible.

Seulement, quand on joue d’un instrument, la réalité du terrain nous rattrape sans cesse. Avant d’accorder le violon, nous aurions sans doute intérêt à accorder notre corps avec notre esprit, et vice versa. C’est pourquoi ce concept de body mapping peut vraiment aider les musiciens à utiliser leur corps de façon plus éclairée, cela par la technique de la visualisation, c’est-à-dire la cartographie corporelle. L’idée est de savoir, de percevoir, de sentir, de visualiser intérieurement, comment les différentes parties du corps se conjuguent entre elles, comment le poids se répartit sur toute la longueur du squelette, comment les muscles se passent le relais…

Jennifer Johnson insiste sur la notion de douleur qui est un curseur négatif qui ne peut conduire qu’à une impasse. Elle poursuit en cela le travail de Conable, d’Alexander, de Yehudi Mehudi, et de Dominique Hoppenot. Mais la sensibilisation à la cartographie corporelle ajoute une nouvelle dimension, celle de réunir les forces pour obtenir une unité efficace qui donnera à la musique un rayonnement tout particulier.

La lecture de ce manuel est très agréable, magnifiquement traduit (de l’anglais) qui déjà fait naitre certaines sensations mentales en engageant un processus de réflexion sur ce que nous sommes, c’est-à-dire un corps qui devrait bouger et s’articuler sans les entraves d’une mauvaise perception de lui-même.

Ce livre est destiné aussi bien aux pédagogues qu’aux pratiquants. Il y a une liste d’exemples et d’exercices à faire pour traiter tel ou tel problème de position. L’auteur insiste aussi sur le rôle des mots dans l’enseignement, de certaines phrases maladroites ou imprécises qui peuvent conduire à des erreurs d’interprétation des élèves qui, voulant bien faire, s’éloignent au contraire du mouvement naturel.

Au fond, nous faisons de la musique avec notre corps, nos doigts, nos bras, nos poumons, notre colonne vertébrale, et en même temps, nous ne connaissons pas notre outil. Nous le voulons à notre idée, mais le corps n’a pas besoin de nos idées. Il a juste besoin d’être correctement utilisé, sans volonté ni crispation, dans le simple respect de sa constitution et de ses limites.

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