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Thomas Zehetmair revisite les symphonies de Brahms

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Johannes Brahms (1833-1897) : Symphonies n° 1-4. Musikkollegium Winterthur, direction : Thomas Zehetmair. 2 CD Claves Records. Enregistrés à la Stadthaus Winterthur, Suisse, en août-septembre et novembre-décembre 2018. Notes de présentation en allemand et anglais. Durée totale : 2:36:09

 

7619931191621_frontcover_1024x1024Par son enregistrement des symphonies de , le violoniste se distingue en chef d’orchestre.

Après une rafraîchissante interprétation de la Symphonie n° 3 en ré mineur d’Anton Bruckner, parue chez MDG, le tour est venu pour d’aborder la musique de . Il nous en propose une lecture foncièrement réfléchie, qui sait allier la cohérence du fil narratif, la théâtralité du geste, ou encore la subtilité des couleurs adoucies par des demi-teintes pastel. En plus du soin apporté à la mise en relief des contrastes dynamiques et agogiques, cette exécution mêle habilement légèreté et gravité, particularité si rare dans ce répertoire. D’une richesse en harmoniques élevée, elle fait un usage modéré du vibrato chez les cordes, révélant une dimension chambriste à laquelle participent également la finesse de l’articulation et la transparence des textures. Ces qualités renvoient, en quelque sorte, à la prestation donnée par Robin Ticciati, plus envoûtante par la pureté de la prise de son, mais décidément moins intense et, donc, à laquelle on n’adhère pas autant.

Thomas Zehetmair combine la netteté des timbres et la diversité des ambiances, dont le caractère oscille entre délicatesse et rugosité, suavité et ardeur, souplesse du trait et pathos. À la tête du , l’ancien chef de l’Orchestre de chambre de Paris fait preuve d’une imagination et d’une sensibilité profondes. Comme si cela ne suffisait pas, sa démonstration témoigne, par instants, d’une puissance expressive hors du commun et d’une grande originalité. En revanche, afin de ne pas submerger l’auditeur par un excès d’émotions, l’interprétation est parsemée de moments de sérénité, offrant un équilibre harmonieux et recherché entre la poésie des fragments soumis à un tempo lent, et la fougue, voire l’impétuosité des mouvements vifs. Dans cette optique, l’exécution de la Symphonie n° 4 en mi mineur op. 98 en est une sorte de synthèse, d’une tendresse déchirante au début à l’élan volcanique dans le climax du finale. Tout à la fin, prêtons l’oreille au dernier mouvement de la Symphonie n° 1 en ut mineur op. 68, s’empreignant ici d’un ton jubilatoire et débordant d’énergie probablement introuvable ailleurs à l’ère post-furtwänglerienne.

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Johannes Brahms (1833-1897) : Symphonies n° 1-4. Musikkollegium Winterthur, direction : Thomas Zehetmair. 2 CD Claves Records. Enregistrés à la Stadthaus Winterthur, Suisse, en août-septembre et novembre-décembre 2018. Notes de présentation en allemand et anglais. Durée totale : 2:36:09

 
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