À emporter, CD, Musique de chambre et récital, Musique symphonique

Clara Schumann, deux enregistrements pour un bicentenaire

Plus de détails

Clara Schumann (1819-1896) : Concerto pour piano en la mineur op. 7 ; 3 romances pour piano op. 11 ; scherzo n° 2 en do mineur op. 14 ; 3 romances pour violon et piano op. 22 ; Widmung (transcription) ; Mondnacht (transcription) ; sonate pour piano en sol mineur. Isata Kanneh-Mason, piano. Jonathan Aasgaard, violoncelle (concerto). Elena Urioste, violon. Royal Liverpool Philharmonic Orchestra, direction : Holly Mathieson. 1 CD Decca. Enregistré au Saffron walden concert hall et The Friary Liverpool en 2019. Durée : 76:22

Robert Schumann (1810-1856) : Quatuor op. 47 ; Widmung op. 25 ; Kinderszenen op. 15. Fanny Hensel (1805-1847) : Über allen Gipfeln ist Ruh. Clara Schumann (1819-1896) : Trio avec piano op. 17. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Sonate pour piano n° 21 op. 53. Domenico Scarlatti (1685-1757) : Sonate en ré majeur K 430. Georg Friedrich Haendel (1685-1759) : Suite n° 7 HWV 432. Christoph Willibald Gluck (1714-1785) / Johannes Brahms (1833-1897) : Gavotte Wq 40. Frédéric Chopin (1810-1849) : Valse op. 64 n° 2 ; Impromptu n° 1 op. 29. Félix Mendelssohn-Bartholdy (1809-1847) : Rondo Capricioso, op. 14. Ragna Schirmer, piano. Nora Friedrichs, soprano. Iason Keramidis, violon. Julien Heichelbech, alto. Benedict Klöckner, violoncelle. Enregistré en juillet 2018 à Halle an der Saale. 2 CDs Berlin Classics. Livret bilingue (allemand, anglais). Durée : 59:40 et 70:29

 

kanneh-masonÀ l’occasion du bicentenaire de la naissance de , ravive l’œuvre de la compositrice tandis que rend hommage à l’interprète.

, « Romance »

Dans la fratrie Kanneh-Mason, tous brillants musiciens (Sheku est déjà une star du violoncelle), voici Isata, nouvelle étoile montante du piano britannique. Titulaire de plusieurs prix, elle suit des cours à la Royal School of Music de Londres. Elle consacre son premier enregistrement en solo à la musique de , à laquelle elle donne une profondeur encore rarement entendue. Par la profondeur du toucher, le sens de la mélodie, son rubato, mais aussi son jeu énergique, en particulier dans le Concerto pour piano et le Scherzo n° 2, elle en fait une musique sincèrement romantique. C’est tout particulièrement le cas de son Concerto pour piano, peut-être la pièce la plus jouée du répertoire de Clara Schumann. Isata Kanneh-Mason nous fait oublier le caractère parfois purement virtuose (accords d’octaves, sauts dans les registres…) et les maladresses d’une œuvre terminée à seulement 16 ans. Ainsi, le premier mouvement est justement Allegro maestoso, puis la romance est un dialogue amoureux entre le violoncelle de Jonathan Aasgard et le piano, tandis que dernier mouvement ne manque pas de plaire par son panache. Le est à la fois charnu et vif, porte la soliste, particulièrement dans ce troisième mouvement dans lequel Clara aurait été aidée par pour l’orchestration.

D’autres pièces de styles et d’intérêts variés complètent cet ensemble. Écrites à l’intention du violoniste Joseph Joachim, en 1852-53 peu avant l’hospitalisation de Robert, les romances pour piano et violon chantent sous l’archet d’Elena Urioste. En réponse, viennent les plus simples romances pour piano, composées en 1839, peu avant son mariage. On trouvera également le Scherzo n° 2, aux arpèges fougueux, les transcriptions des lieder Widmung et Mondnacht de , qui rappellent, s’il est besoin, le lien artistique entre les époux, et enfin la Sonate en sol mineur, inédite jusqu’en 1990, dont l’Allegro et le Rondo méritent un détour, surtout sous les doigts d’une Isata Kanneh-Mason manifestement investie dans cette musique.

Madame-Schumann est « Madame Schumann »

Interprète enthousiaste de l’œuvre de Clara Schumann, Ragna Schirmer est également fascinée par sa vie de virtuose admirée dans toute l’Europe. Déjà, son précédent disque incluait le Concerto n°4 de Beethoven avec la cadence de Clara Schumann. Ici, Ragna Schirmer réincarne Clara le temps de deux concerts, qui donnent une idée de l’étendue de ses talents et de son influence dans la vie musicale du XIXe siècle. La démarche historique permet aussi d’apprécier une programmation de musique de chambre de conception assez moderne : aux côtés des œuvres des époux Schumann, celles de proches amis (Félix et Fanny Mendelssohn), de Frédéric Chopin, des maîtres baroques (Haendel, Scarlatti), encore rares dans les salons de concert, et enfin de Beethoven que les époux aimaient travailler ensemble. La durée est également relativement courte.

Le premier disque reprend le concert en matinée du 8 mars 1847 au salon de l’hôtel du Nord Unter den Linden à Berlin. Il s’ouvre avec le Quatuor op. 47 de Robert Schumann composé 5 ans plus tôt, dans une version généreuse et énergique (un peu uniformément généreuse, notamment dans le langoureux Andante cantabile). Le trio de Clara Schumann, peut-être son œuvre la plus aboutie, lui répond, quoique dans un style tout à fait différent et moins fiévreux, dont les interprètes rendent la mélancolie. Le second disque fait revivre un de ses derniers concerts, en Angleterre où elle avait déjà fait des tournées, plus exactement à St. Leonards-on-Sea, le 15 février 1872. Si la Sonate « Waldstein » déçoit par son côté presque gracieux et sage, la Sonate K. 430 de Scarlatti et la Suite HWV 432 de Haendel, connue de tous les apprentis pianistes, surprend agréablement dans une version vivante et rafraîchissante, assumant tout à fait le partie pris du piano romantique, avec une belle pédale et des couleurs variées pour chaque variation pour finir fougueusement. On trouvera enfin quelques tubes comme ces Kinderzsenen, la Valse op. 64 n° 2 de Chopin, ou encore le Rondo Capriccioso de Mendelssohn, récurrent dans les concerts de Clara Schumann, ici très réussi.

Plus de détails

Clara Schumann (1819-1896) : Concerto pour piano en la mineur op. 7 ; 3 romances pour piano op. 11 ; scherzo n° 2 en do mineur op. 14 ; 3 romances pour violon et piano op. 22 ; Widmung (transcription) ; Mondnacht (transcription) ; sonate pour piano en sol mineur. Isata Kanneh-Mason, piano. Jonathan Aasgaard, violoncelle (concerto). Elena Urioste, violon. Royal Liverpool Philharmonic Orchestra, direction : Holly Mathieson. 1 CD Decca. Enregistré au Saffron walden concert hall et The Friary Liverpool en 2019. Durée : 76:22

Robert Schumann (1810-1856) : Quatuor op. 47 ; Widmung op. 25 ; Kinderszenen op. 15. Fanny Hensel (1805-1847) : Über allen Gipfeln ist Ruh. Clara Schumann (1819-1896) : Trio avec piano op. 17. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Sonate pour piano n° 21 op. 53. Domenico Scarlatti (1685-1757) : Sonate en ré majeur K 430. Georg Friedrich Haendel (1685-1759) : Suite n° 7 HWV 432. Christoph Willibald Gluck (1714-1785) / Johannes Brahms (1833-1897) : Gavotte Wq 40. Frédéric Chopin (1810-1849) : Valse op. 64 n° 2 ; Impromptu n° 1 op. 29. Félix Mendelssohn-Bartholdy (1809-1847) : Rondo Capricioso, op. 14. Ragna Schirmer, piano. Nora Friedrichs, soprano. Iason Keramidis, violon. Julien Heichelbech, alto. Benedict Klöckner, violoncelle. Enregistré en juillet 2018 à Halle an der Saale. 2 CDs Berlin Classics. Livret bilingue (allemand, anglais). Durée : 59:40 et 70:29

 
Mots-clefs de cet article

Resmusica-bannière-01

Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.