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Les Nuits romantiques d’Aix-les-Bains rendent hommage à Camille Saint-Saëns

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Aix-les-Bains. Centre des congrès. 27-IX-2019. 20h30 : Benjamin Britten (1913-1976) : Quatre interludes marins de Peter Grimes; Camille Saint-Saëns (1835-1921) : Concerto pour violoncelle et orchestre n°1; Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Symphonie n°5. Gautier Capuçon (violoncelle), Orchestre de la Suisse Romande, Jonathan Nott (direction)

Théâtre du casino. 28-IX-2019. 20h30. Igor Stravinsky (1882-1971) : Ragtime ; Tango, valse et ragtime extraits de l’histoire du soldat; Edgar Varèse (1883-1965) : Octandre; Darius Milhaud (1892-1974) : La création du monde ; William Bolcom (né en 1938) : Le baiser du serpent , ragtime; Duke Ellington (1899-1974) : New World A-Comin; Camille Saint-Saëns (1835-1921) : Le carnaval des animaux. Les solistes des siècles, Nicolas Simon (direction), Laurence Ferrari (narratrice), Grégoire Pont (illustrations)

Abbaye d’Hautecombe. 29-IX-2019. 11h. Camille Saint-Saëns (1835-1921) : Quatuor n°1 opus 112; Antonin Dvořák (1841-1904) : Quatuor n°13 opus 106. Quatuor Tchalik

Le festival les Nuits romantiques rend hommage au génie multiple de , présenté en regard d’autres grands compositeurs de diverses esthétiques du XIXᵉ et du XXᵉ siècle, dont sa longévité lui permit de connaître les œuvres. Le maître français en sort d’autant plus grandi.

27_9 OSR et Gautier Capuçon

Chaque année, le festival met à l’honneur un compositeur que son directeur artistique estime mériter un coup de projecteur. Après Grieg l’an dernier, c’est qui a les honneurs de la programmation cette année. Le concert d’ouverture bénéficie de la présence de l’ venu en voisin. Sous la baguette de son actuel titulaire, , la formation témoigne d’une belle qualité d’ensemble, emmenée par le premier violon qui précédemment officiait au Philharmonique de Radio France. Les quatre interludes marins de Peter Grimes font office de brillante ouverture et mettent en valeur les différents pupitres. Le Concerto n° 1 de Saint-Saëns est l’hommage au héros du festival. L’entrée de frappe par son agressivité et sa sonorité forcée, mais cette impression s’efface heureusement assez vite, les nombreux passages lyriques conduisant le soliste à adoucir cette brutalité exagérée. Et le charme du deuxième mouvement comme le lyrisme du finale conviennent mieux au soliste français. Le meilleur vient avec le bis, une transcription d’ « après un rêve » de Fauré, accompagné par les quatre premiers violoncelles de l’orchestre. Après l’entracte, , interprète reconnu de Mahler, a programmé la Symphonie n° 5 de qui ne dissimule pas sa dette envers le compositeur autrichien. Même si sa gestuelle n’est pas toujours précise, l’osmose entre le chef et ses musiciens est palpable, ce dont témoignent les applaudissements enthousiastes de l’orchestre à la fin d’une exécution brillant de la symphonie.

Le lendemain , la bonbonnière du théâtre du casino propose un programme particulièrement stimulant dans un concert en deux parties bien différentes. La première présentée par le chef Nicolas Simon tourne autour d’œuvres contemporaines de la fin de la vie de Saint-Saëns, aux esthétiques variées et bien différentes de la sienne. Si l’aridité radicale d’Octandre de Varèse demeure toujours aussi difficile à appréhender, en revanche La création du monde de Milhaud rendue à un petit ensemble de solistes est une merveille tandis que Stravinsky, et William Bolcom illustrent les passerelles entre le jazz, le ragtime et la tradition européenne. On aurait cependant préféré plus de folie dans une interprétation très classique et laissant peu de place à l’improvisation (on se souvient de ce que Bernstein faisait dans …). En une deuxième partie plus tournée vers le public familial, Le carnaval des animaux rend à Saint-Saëns sa fantaisie et son imagination, avec l’appréciable et tendrement ironique apport des illustrations dessinées et projetées en direct par et la lecture des textes de Francis Blanche par Laurence Ferrari, elle aussi un peu sage dans les calembours débridés du partenaire de Pierre Dac.

Le dimanche matin enfin, dans le cadre champêtre de la grange de l’abbaye d’Hautecombe, le met en regard deux quatuors quasiment contemporains, le premier de Saint-Saëns et le treizième de Dvořák. Si présentait plaisamment le résultat du match entre les deux compositeurs sous l’angle du score 14/2 (les nombres de quatuors composés par chacun), il faut reconnaître qu’entre la partition très rhétorique de Saint-Saëns dont le meilleur mouvement est certes le scherzo et le chef d’œuvre de Dvořák, sans doute le plus beau quatuor écrit après le dernier de Schubert, il y a un monde, et pas au bénéfice du compositeur français. Mais l’occasion est surtout donnée de découvrir le , ensemble de quatre frères et sœurs dont l’homogénéité et la technique impeccables l’emportent sur les qualités individuelles, ce qui est sans doute essentiel pour l’art complexe et exigeant du quatuor à cordes où les individualités doivent savoir se fondre dans le collectif.

Crédits photographiques : © Les Nuits romantiques

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Aix-les-Bains. Centre des congrès. 27-IX-2019. 20h30 : Benjamin Britten (1913-1976) : Quatre interludes marins de Peter Grimes; Camille Saint-Saëns (1835-1921) : Concerto pour violoncelle et orchestre n°1; Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Symphonie n°5. Gautier Capuçon (violoncelle), Orchestre de la Suisse Romande, Jonathan Nott (direction)

Théâtre du casino. 28-IX-2019. 20h30. Igor Stravinsky (1882-1971) : Ragtime ; Tango, valse et ragtime extraits de l’histoire du soldat; Edgar Varèse (1883-1965) : Octandre; Darius Milhaud (1892-1974) : La création du monde ; William Bolcom (né en 1938) : Le baiser du serpent , ragtime; Duke Ellington (1899-1974) : New World A-Comin; Camille Saint-Saëns (1835-1921) : Le carnaval des animaux. Les solistes des siècles, Nicolas Simon (direction), Laurence Ferrari (narratrice), Grégoire Pont (illustrations)

Abbaye d’Hautecombe. 29-IX-2019. 11h. Camille Saint-Saëns (1835-1921) : Quatuor n°1 opus 112; Antonin Dvořák (1841-1904) : Quatuor n°13 opus 106. Quatuor Tchalik

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