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Renaud Capuçon et Kit Armstrong jouent Beethoven à Aix-en-Provence

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Aix-en-Provence. Conservatoire Darius Milhaud. 5- X-2019. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Sonates pour violon et piano, n°1-3, 24 op. 12, « Printemps » op. 24, « À Kreutzer » op. 47. Renaud Capuçon, violon ; Kit Armstrong, piano

était à l’affiche du conservatoire Darius Milhaud en compagnie du pianiste pour le premier volet d’une intégrale des sonates de Beethoven. Comme en prélude au 250e anniversaire de la naissance du compositeur, cette soirée fut l’occasion d’entendre certains des opus les moins joués.

Capuçon-Armstrong_Christophe-Gremiot_01082017-8-e1501763105706En première partie, nous entendons les sonates de l’opus 12 qui sont rarement interprétées les trois à la suite. On ne peut que remarquer l’influence encore bien présente de Mozart par son esthétique « galante », avec sa tonalité joviale mais aussi un classicisme propre à cette époque. Pourtant, certains passages font déjà entendre la griffe du maître de Bonn. Lui qui s’empare pleinement du genre au fil des compositions pour laisser éclater son génie, offrant aux deux instruments la possibilité de s’exprimer et de dialoguer avec un souci d’équilibre.

L’alchimie opère dès les premiers échanges entre et . Le duo développe un langage commun très fluide, une complémentarité organique où se mêlent finesse et intentions au service de l’émotion. Un élan spontané, surtout de la part du violoniste, parcourt ces versions caractérisées par la recherche du beau son. On est frappé par le cantabile lumineux du pianiste ainsi que la clarté extrême de ses lignes notamment dans les tempi rapides. Avec une économie de moyens, son toucher va droit à l’essentiel et offre une évidence de discours (l’Andante con moto de la Sonate n° 1) et une hauteur de vue qui répondent au lyrisme solaire et affirmé du violon. La Sonate n° 3 montre une avancée dans l’écriture mais reste attachée au classicisme, autour d’un mouvement central qui atteint des sommets avec ces sublimes instants comme suspendus, baignés par cet amour universel, où chaque note jouée revêt une importance capitale.

Après l’entracte, la Sonate n° 5, « le Printemps » touche par sa douceur évocatrice, la fraîcheur de sa poésie. Le raffinement entendu précédemment est renouvelé. Le mouvement lent constitue un autre moment de grâce avec son atmosphère planante. Quant au Rondo, il se distingue par sa verve incisive ou l’engagement sans retenue d’Armstrong. Dernière pièce de la soirée, la Sonate « À Kreutzer », monument du répertoire, dans laquelle les deux complices se livrent sans réserve avec une vitalité jamais figée et un dosage des effets. Cette œuvre contrastée joue davantage sur l’opposition que sur la complémentarité des instruments. Elle permet ici aux deux interprètes de dévoiler l’étendue de leur jeu, se jouant des nombreux écueils techniques qui la caractérisent, en particulier dans le Finale, sorte de chevauchée intrépide. Une prestation enthousiasmante.

Crédit photographique : Capuçon-Armstrong © Christophe Gremiot

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Aix-en-Provence. Conservatoire Darius Milhaud. 5- X-2019. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Sonates pour violon et piano, n°1-3, 24 op. 12, « Printemps » op. 24, « À Kreutzer » op. 47. Renaud Capuçon, violon ; Kit Armstrong, piano

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