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28e édition du Festival Suresnes Cités danse : une ouverture sur des rythmes afro

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Rueil-Malmaison. 11-I-2020.Théâtre André Malraux. Festival Suresnes Cités danse hors les murs.
Telles Quelles / Tels Quels (création). Direction artistique et chorégraphie : Bouziane Bouteldja. Création lumières : Pocho Epifanio. Avec Mouad Aissi, Allison Benezech, Zineb Boujema, Soufiane Faouzi Mrani, Naïs Haïdar, Fatima Zohra El Moumni et Redouane Nasry.
Massiwa (création). Chorégraphie : Salim Mzé Hamadi Moissi. Avec Ahmed Abel-Kassim, Fakri Fahardine, Toaha Hadji Soilihy, Mzembaba Kamal, Abdou Mohamed, Ben Ahamada Mohamed et Mohamed

Pour sa 28ᵉ édition, le festival Suresnes Cités danse s’ouvre sur une danse hip-hop métissée, portée par les chorégraphes Bouziane Bouteldja et Salim Mzé Hamadi Moissi. Un mélange fécond qui montre la capacité du hip-hop à évoluer au gré d’influences variées.


Délocalisé au Théâtre de Rueil-Malmaison pendant la fermeture du Théâtre Jean Vilar pour travaux, Suresnes Cités danse réaffirme pour cette 28ᵉ édition son rôle de soutien à l’émergence et de découverte de talents aux origines diverses. Son directeur artistique, Olivier Meyer, assume une programmation audacieuse, trouvant un équilibre adapté entre jeune création et chorégraphes reconnus de la scène hip-hop, comme , ou Nawal et , invités pour cette édition.

Repéré à l’édition 2019 du festival avec Soyons Fous, Salim Mzé Hamadi Moissi, jeune chorégraphe comorien se voit ainsi confier l’ouverture du festival avec Bouziane Bouteldja.

Les deux chorégraphes proposent des nouvelles créations, qui mettent en avant un hip-hop métissé et ouvert, influencé par les danses traditionnelles comoriennes pour le premier, et par les origines marocaines du second.

Telles Quelles/Tels Quels de Bouziane Bouteldja, figure du break dance dont la compagnie Dans6T est basée à Tarbes, interroge l’identité des jeunes générations dans un monde globalisé et les rapports hommes/femmes dans le cadre d’un dialogue franco-marocain. Cette dimension engagée du spectacle apparaît toutefois davantage dans les propos du programme que dans la pièce en elle-même où il est plus difficile de discerner un discours. Dans sa construction, le spectacle fait alterner des passages de groupe à l’énergie explosive, où les danseurs rivalisent de virtuosité dans l’esprit des battles de hip-hop, avec des solos au rythme lent ou au contraire survolté. L’individualité de chacun des danseurs peut ainsi s’exprimer, mais la construction est trop prévisible. Si une certaine poésie se dégage de l’ensemble, le propos est peu lisible, comme la dernière image d’un élan vers la liberté dont on cerne mal les intentions.

Avec Massiwa, Salim Mzé Hamadi Moissi assume un retour à ses racines en associant la danse hip-hop à des musiques et danses traditionnelles des Comores. Le résultat est une danse brute, puissante et masculine, interprétée par sept danseurs aux physiques athlétiques. La première scène montre une forme de ballet-combat entre un danseur de hip-hop seul face aux six autres, munis de lourds bâtons en bois. Les mouvements souples du danseur de petite taille lui permettent d’éviter les bâtons menaçants. Puis, les danseurs entament une danse au rythme tribal, se servant du bâton soit comme prolongement du corps, soit comme instrument de percussion. La beauté des dos puissants est mise en valeur par les gestes répétitifs et synchronisés.

La pièce se teinte d’humour lorsque les hommes découvrent des chaussures de ville dépareillées et rivalisent par la danse pour s’en attribuer une. Fascination du monde rural pour un mode de vie plus urbanisé et pour les signes de richesse qu’apportent les objets de luxe occidentaux ? La pièce se termine en tout cas par une danse collective sur des rythmes plus technos, qui renvoie l’image d’une tradition ancestrale qui côtoie la modernité. Salim Mzé Hamadi Moissi propose une danse originale et inventive, portée par des danseurs aux qualités physiques exceptionnelles.

Crédits photographiques :  © Telles Quelles/Tels Quels © Gilles Rondot

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Massiwa (création). Chorégraphie : Salim Mzé Hamadi Moissi. Avec Ahmed Abel-Kassim, Fakri Fahardine, Toaha Hadji Soilihy, Mzembaba Kamal, Abdou Mohamed, Ben Ahamada Mohamed et Mohamed

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