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Leonidas Kavakos pas très convaincant dans Beethoven

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Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Concerto pour violon en ré majeur op. 61 ; Septuor pour cordes et vents en mi bémol majeur op. 20 ; Air autrichien « A Schüsserl und a Reindl », pièce n° 3 extraite des Six airs nationaux avec variations pour piano et flûte ou violon op. 105 ; quatre pièces (n° 1, 2, 6 & 7) extraites des Dix airs nationaux avec variations pour piano et flûte ou violon op. 107. Leonidas Kavakos, violon et direction. Orchestre symphonique de la Radio bavaroise ; Wen Xiao Zheng, alto ; Eric Terwilliger, cor ; Hanno Simons, violoncelle ; Christopher Corbett, clarinette ; Marco Postinghel, basson ; Heinrich Braun, contrebasse ; Enrico Pace, piano. 2 CD Sony Classical. Enregistrés du 27 au 29 mars (op. 61) et du 10 au 12 mai (op. 20) 2019 à Munich et du 16 au 18 avril 2019 à Vienne (op. 105 et op. 107). Textes de présentation en allemand, anglais et français. Durée totale : 1:53:46

 

fête l’année Beethoven avec ce double disque réunissant des enregistrements réalisés en 2019, pendant qu’il était l’artiste en résidence de l’. Un hommage aussi partiel que montrant à quel point la musique du maître de Bonn est diverse.

Beethoven_Kavakos_SonyEn ce qui concerne le Concerto pour violon en ré majeur op. 61, la lecture proposée par Kavakos – dans le double rôle du soliste et du chef d’orchestre – est aussi fascinante qu’irritante. Nous sommes confrontés à un dilemme : nous nous posons la question s’il a bien fait de se décider à diriger cette partition lui-même. Certes, l’ est une phalange fournie et apte à faire ressortir au premier plan la plasticité de la ligne mélodique et à convaincre par la transparence des textures comme par la diversité des couleurs. Sa direction est épique et très ample. En revanche, cette approche inhabituellement « souple » du tempo, mettant en valeur les changements harmoniques, souffre d’un manque du feu et d’une division du fil narratif en éléments soi-disant « épisodiques ». Est-ce que Kavakos a pu se concentrer suffisamment sur l’exécution de la partie du violon soliste (un peu trop étudiée et d’une délicatesse apaisante plutôt qu’électrisante) au moment où il devait signaler à l’orchestre toutes ses interventions et les détails de leur prestation ? Apparemment, non. La lenteur du mouvement semble résulter ici de l’accumulation de ces deux rôles, car dans les cadences l’interprétation retrouve de la de vitalité. Ces cadences, préparées par Kavakos lui-même – sur la base de celles de la transcription de Beethoven pour piano (op 61a) – débordent de fraîcheur. Lumineuses et dramatiques, elles ne sont pas, cependant, compatibles avec le reste de la lecture du concerto. Ce n’est que là qu’elle prend vie et que la sonorité du violon gagne en profondeur, notamment pour les graves. Leur intensité est rendue plus forte encore par les interventions des timbales et un sens de la rythmique rare de Kavakos.

Pour le Septuor pour cordes et vents en mi bémol majeur op. 20, nous avons affaire à une interprétation empreinte de simplicité et de modestie autant que révélant le soin de la justesse. Le jeu de Kavakos et des membres de l’Orchestre symphonique de la Radio bavaroise est délicatement articulé et ravissant dans les tons, en combinant l’humour et le sérieux. Mais ce mélange n’est pas aussi évident que dans la lecture donnée par Julien Chauvin et Le Concert de la Loge. Plus spontanés et plus naturels, ces derniers respirent également plus profondément et offrent plus d’éclat, de brio, de piquant et de rhétorique que Kavakos et ses collègues.

L’album se clôt sur l’exécution des extraits des opus 105 et 107, proposés par et . Destinées à un usage domestique par des amateurs, ces variations trouvent en ces deux musiciens des interprètes optant pour la simplicité et la suavité. Le violoniste y saisit par la pureté du timbre, ainsi qu’un vibrato contrôlé et économique. Le pianiste charme, à son tour, par sa palette de nuances et d’attaques assez étendue.

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Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Concerto pour violon en ré majeur op. 61 ; Septuor pour cordes et vents en mi bémol majeur op. 20 ; Air autrichien « A Schüsserl und a Reindl », pièce n° 3 extraite des Six airs nationaux avec variations pour piano et flûte ou violon op. 105 ; quatre pièces (n° 1, 2, 6 & 7) extraites des Dix airs nationaux avec variations pour piano et flûte ou violon op. 107. Leonidas Kavakos, violon et direction. Orchestre symphonique de la Radio bavaroise ; Wen Xiao Zheng, alto ; Eric Terwilliger, cor ; Hanno Simons, violoncelle ; Christopher Corbett, clarinette ; Marco Postinghel, basson ; Heinrich Braun, contrebasse ; Enrico Pace, piano. 2 CD Sony Classical. Enregistrés du 27 au 29 mars (op. 61) et du 10 au 12 mai (op. 20) 2019 à Munich et du 16 au 18 avril 2019 à Vienne (op. 105 et op. 107). Textes de présentation en allemand, anglais et français. Durée totale : 1:53:46

 
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