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Alexander Moyzes sublime le folklore slovaque

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Alexander Moyzes (1906-1984) : Danses de Gemer op. 51 ; En descendant la rivière Váh op. 26 ; Danses de Pohronie op. 43. Orchestre symphonique de la Radio slovaque ; direction : Ondrej Lenárd. 1 CD Naxos. Enregistré en janvier 1989 en la Salle de concert de la Radio slovaque, Bratislava. Notice unilingue (anglais) bonne. Durée : 71:12

 

Pour clôturer la réédition des œuvres d’, le label Naxos publie les Danses de Slovaquie dirigées, avec bonheur, par .

naxos_moyzes_danses_lenardCes trois Suites de Danses de Slovaquie nous furent révélées historiquement par le toujours entreprenant label tchèque Supraphon : En descendant la rivière Váh op. 26 et les Danses de Pohronie op. 43 sous la baguette du légendaire chef slovaque en 1951 (Supraphon DV5207), et les Danses de Gemer op. 51 sous celle de son compatriote en 1963 (Supraphon DV6058), qui sera le chef inspiré même des 12 Symphonies sur Marco Polo (Naxos). Voici donc ces trois Suites de Danses de Slovaquie réunies opportunément en CD, cette fois dirigées par l’excellent , avec évidemment une nette plus-value sonore.

En descendant la rivière Váh est une suite pour grand orchestre (1945) qui a son origine en 1935 où il fut demandé à Moyzes une composition pour une émission de la radio de Bratislava dédiée à une nouvelle centrale électrique sur la rivière Váh. Un cycle de quatre mouvements, intitulé alors simplement Le Váh, en résulta. Dix ans plus tard, l’œuvre fut amplifiée en cinq mouvements en renforçant son caractère symphonique et en suivant le canevas de la Vltava de Smetana, décrivant musicalement la vie humaine foisonnante autour de la rivière depuis sa source jusqu’à son embouchure.

La suite pour grand orchestre Danses de Pohronie (1950), en quatre mouvements particulièrement développés, trouve son origine dans la coopération d’ avec l’ensemble professionnel SĽUK (Ensemble artistique populaire slovaque). Ici aussi il s’agit d’une amplification pour orchestre symphonique de danses initialement pour petit orchestre. On y trouve notamment une Danse de bûcherons, et en première place, une Danse de bandits de grand chemin (!) particulièrement entraînante et savoureuse !… La première de l’œuvre eut lieu en mai 1950 lors d’un concert de l’Orchestre Philharmonique Slovaque dirigé par .

Avec les Danses de Gemer (1955), également suite en quatre mouvements pour grand orchestre, Alexander Moyzes aborde la musique traditionnelle de la région de Gemer dans le sud de la Slovaquie. Il y renforce l’esprit folklorique de la musique en incluant un instrument de musique traditionnel dans l’orchestre : le cymbalum. L’œuvre fut créée en juillet 1956 lors d’un concert de la Philharmonie Slovaque dirigée par le fidèle Ľudovít Rajter. Il ne fait aucun doute que l’esprit de ces œuvres soit liée aux suites de danses orchestrales d’autres compositeurs européens, telles que les Danses hongroises de Brahms, les Danses slaves de Dvořák, les Danses de Lach de Janáček ou les nombreuses suites de Béla Bartók, Zoltán Kodály, Ion Dumitrescu, Georges Enesco, Marțian Negrea, Theodor Rogalski…

Naxos a placé judicieusement en premier lieu les plus courtes et tardives Danses de Gemer, certainement afin de plonger d’emblée l’auditeur dans l’ambiance folklorique de cette musique exaltée par la présence immédiate d’un duo soliste cymbalum-violon. Si chez Ondrej Lenárd, la poésie de toutes ces pages n’est pas toujours mise aussi en évidence que dans les versions Ľudovít Rajter et , le caractère d’exaltation est à leur niveau, renforcé par une prise de son bien supérieure, et le résultat est un concert éblouissant d’une musique constamment inventive et délectable, pittoresque et fascinante, et surtout vivante et réconfortante en ces temps de morosité ambiante et générale.

 

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Alexander Moyzes (1906-1984) : Danses de Gemer op. 51 ; En descendant la rivière Váh op. 26 ; Danses de Pohronie op. 43. Orchestre symphonique de la Radio slovaque ; direction : Ondrej Lenárd. 1 CD Naxos. Enregistré en janvier 1989 en la Salle de concert de la Radio slovaque, Bratislava. Notice unilingue (anglais) bonne. Durée : 71:12

 
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