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Deux intégrales violoncelle et piano de Beethoven

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Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Œuvres complètes pour violoncelle et piano. Julius Berger, violoncelle ; Margarita Höhenrieder, piano. 2 CD Solo Musica. Enregistrés en 2018 et 2019 au Bietigheim-Bissingen Kronenzentrum, Allemagne. Textes de présentation en allemand et anglais. Durée totale : 2:18:15

Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Œuvres complètes pour violoncelle et piano. Nicolas Altstaedt, violoncelle ; Alexander Lonquich, piano-forte. 2 CD Alpha. Enregistrés en juillet 2019 au Teldex Studio, Berlin, Allemagne. Textes de présentation en allemand, français et anglais. Durée totale : 2:25:01

 

Cette année Beethoven 2020 nous procure ces deux nouvelles intégrales violoncelle et piano du maître de Bonn. Une mise en miroir intéressante, permettant de comparer directement une interprétation « contemporaine » à une exécution « historiquement informée ».

Ludwig van Beethoven_Julius Berger_Margarita Höhenrieder_Solo Musica composa ses cinq sonates pour violoncelle et piano entre 1796 et 1815. Parmi les autres pages issues de sa plume pour ces deux instruments, on trouve trois cahiers de variations écrits entre 1796 et 1801, sur des motifs du Judas Maccabée de Georg Friedrich Haendel et de La Flûte enchantée de Wolfgang Amadeus Mozart.

(né en 1954) est un violoncelliste, musicologue et surtout professeur de musique de chambre et de violoncelle, enseignant au Centre Léopold Mozart de l’Université d’Augsbourg. En 2017, le label Solo Musica a sorti un triple disque sur lequel il joue magistralement les Suites pour violoncelle de Johann Sebastian Bach. Ayant cette gravure dans l’oreille, nous sommes contraints de constater que la présente réalisation dévolue à l’œuvre de Beethoven paraît moins captivante. Pourquoi ? Si, lors de l’écoute, nous sommes immédiatement frappés par la beauté du ton du violoncelle (serait-ce l’instrument construit par Andrea Amati en 1566 ? le livret ne nous en dit rien…) déployant une palette de teintes relativement sombres, nous ne pouvons pas louer autant l’apport de la pianiste . Certes, ses attaques des touches se distinguent par leur pureté et possèdent quelque chose de direct et de séduisant, mais, par instants, elles se caractérisent également par une certaine dureté, à quoi s’ajoute encore un manque de souplesse dans les phrasés. Ainsi, ces lectures se voient parfois dépourvues de cohérence, ce qu’on remarque particulièrement dans les variations, par exemple dans celles en mi bémol majeur WoO 46 sur « Bei Männern, welche Liebe fühlen » de La Flûte enchantée, pour lesquelles les morceaux successifs ne s’enchaînent pas en un tout. Cette « instabilité » du mouvement laisse l’impression d’une mosaïque dont les éléments sont incompatibles les uns par rapport aux autres ; serait-ce la conséquence de multiples prises au studio ? Comparée à l’interprétation donnée par Pierre Fournier et Friedrich Gulda (Deutsche Grammophon), la présente exécution offre moins d’élégance ; comparée à celle assurée par Mischa Maisky et Martha Argerich (aussi chez DG), elle est plus terne.

Ludwig van Beethoven_Nicolas Altstaedt_Alexander Lonquich_AlphaLa lecture proposée par (né en 1982) et est un monde à part, mettant en valeur deux instruments historiques, cette fois-ci bien précisés dans le livret de l’album : un violoncelle construit par Giovanni Battista Guadagnini en 1749 monté en cordes de boyau et un piano-forte fabriqué par Conrad Graf vers 1826-1827, soit aux alentours de la mort de Beethoven. Dans ces interprétations, les musiciens impressionnent par la cohérence et la richesse en harmoniques des sonorités. Le jeu d’Altstaedt subjugue par son côté radieux, solaire et expressif sans être trop lourd. Le violoncelliste allie habilement poésie et virtuosité, en conférant à ces pages beaucoup de raffinement, que ce soit dans les nuances dynamiques ou agogiques, et en respirant avec le pianofortiste. Celui-ci tire de son instrument des couleurs aussi douces que caressantes par leur profondeur et leur diversité, jamais agressives dans les forte. Partenaire idéal dans ce répertoire, Lonquich s’avère un excellent chambriste, que nous préférons à un soliste par moments trop conceptuel.

Concernant les œuvres pour violoncelle et piano de Beethoven, citons le double disque du duo Marc Coppey-Peter Laul sorti en 2018 par Audite, ainsi que les anciennes références : lesdits Pierre Fournier-Friedrich Gulda et Mischa Maisky-Martha Argerich, et, parmi les interprétations historiquement informées, Anner Bylsma-Malcolm Bilson chez Elektra Entertainment et le même Anner Bylsma avec Jos Van Immerseel chez Sony. Désormais, c’est l’album enregistré par et qui retient notre attention et qui devrait compléter cette liste. Une belle réussite !

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Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Œuvres complètes pour violoncelle et piano. Julius Berger, violoncelle ; Margarita Höhenrieder, piano. 2 CD Solo Musica. Enregistrés en 2018 et 2019 au Bietigheim-Bissingen Kronenzentrum, Allemagne. Textes de présentation en allemand et anglais. Durée totale : 2:18:15

Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Œuvres complètes pour violoncelle et piano. Nicolas Altstaedt, violoncelle ; Alexander Lonquich, piano-forte. 2 CD Alpha. Enregistrés en juillet 2019 au Teldex Studio, Berlin, Allemagne. Textes de présentation en allemand, français et anglais. Durée totale : 2:25:01

 
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