Concerts, La Scène, Musique symphonique

Victor Julien-Laferrière épique à Bruxelles

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Bruxelles. Palais des Beaux-Arts. 25-IX-2020. Robert Schumann (1810-1856) : Concerto pour violoncelle et orchestre op. 129 ; Maurice Ravel (1875-1937) : Pavane pour une infante défunte ; Joseph Haydn (1732-1809). Victor Julien-Laferrière : violoncelle ; Orchestre national de Belgique, direction : Roberto González-Monjas

À Bozar, et le Belgian National Orchestra, dirigé par  , proposent le Concerto pour violoncelle et orchestre op. 129 de .

Bozar Victor Julien LaferrièreCoronavirus oblige, Bozar a baissé sa jauge à 200 spectateurs et dédoublé les concerts ce qui donne une impression de concert privé. Autres précautions : les vents et bois sont séparés par des écrans en plexiglass. Les musiciens respectent certaines distances, portent un masque sur scène lors des déplacements et les cordes ne partagent pas les pupitres. Ce qui ajoute un défi en termes de communication et de cohésion de l’ensemble, notamment pour la concertmeister . Le son se déploie par ailleurs différemment dans la salle. Autre gageure pour les musiciens : les concerts sont répétés dans la même soirée, d’où le programme allégé.

Bien que soliste et chambriste accompli, le violoncelliste reste pour le public belge le gagnant du premier Concours musical international Reine Élisabeth 2017. Ce soir il propose l’exigeant concerto pour violoncelle de Schumann en la mineur, composé en 1850 à Düsseldorf. La pièce est devenue un classique du répertoire des solistes mais demeure un concerto très atypique dans sa forme.

Nous avions entendu Victor Julien-Laferrière avec ce concerto il y a deux ans  à Flagey. On retrouve la grande compréhension de la partition de ce musicien attentif. Schumann a voulu que les trois mouvements s’enchainent sans pause, comme un grand souffle. On est happée dès le premier mouvement et l’exposition des thèmes (le violoncelle est vraiment mis en lumière : il n’y a pas d’introduction de l’orchestre), le mystère et la poésie qui s’installe. Quelle maturité déjà ! Pas d’épanchements mais des propositions parfois bouleversantes. La difficulté ne tient pas tant dans la virtuosité de l’écriture (et pourtant elle n’en est pas exempte, notamment dans le troisième mouvement) que dans l’interprétation. La qualité du dialogue avec l’orchestre est un élément clé, ce soir également vaillamment soutenue par le soliste, le chef et l’.

Quelques touches de malice même s’ajoutent au jeu des renvois des thèmes et des motifs entre l’orchestre et le violoncelliste. On retrouve le timbre chaleureux de son instrument. Après un second mouvement Langsam de merveilleuse rêverie colorée tirant vers le tragique, et les très beaux échanges entre le soliste et le premier violoncelle, au troisième mouvement Victor Julien Laferrière montre un caractère plus fougueux avec un impressionnant travail rythmique.

Après la mélancolie de la Pavane pour une infante défunte de , la symphonie de Haydn « Roulement de timbales » clôt la soirée. Ainsi nommée en raison de l’étonnant solo de timbales qui ouvre le premier mouvement tandis que contrebasses et bassons jouent le Dies Irae, la symphonie met en valeur la concertmeister dont on apprécie l’élégance puissante des lignes dans l’Andante piu tosto allegretto ou encore dans le Menuetto. L‘Allegro con spirito finit par éclater de façon lumineuse dans le dernier mouvement monothématique qui est un chef d’œuvre d’écriture.

Crédits photographiques : © Emilie Vanderhulst

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Bruxelles. Palais des Beaux-Arts. 25-IX-2020. Robert Schumann (1810-1856) : Concerto pour violoncelle et orchestre op. 129 ; Maurice Ravel (1875-1937) : Pavane pour une infante défunte ; Joseph Haydn (1732-1809). Victor Julien-Laferrière : violoncelle ; Orchestre national de Belgique, direction : Roberto González-Monjas

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