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Dorothee Mields : Tea Time avec Haendel

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Georg Friedrich Haendel (1685-1759) : « Venus and Adonis » cantate pour soprano, hautbois et basse continue HWV 85 ; Concerto « a quattro » en ré mineur ; « Bacchus » et « The Rapture » extraits des English Songs HWV 228 ; Sonate en trio en sol majeur HWV 384 ; « Mi Palpita Il Cor » cantate pour soprano, hautbois et basse continue HWV 132b ; Air et cinq variations sur le thème « The Harmonious Blacksmith » extraits de la Suite en mi majeur HWV 430 ; « Flammende Rose, Zierde der Erden » HWV 210, « Süsser Blumen Ambraflocken » HWV 204 et « Meine Seele hört im Sehen » HWV 207 extraits des « Neun Deutsche Arien ». Henry Purcell (1659-1695) : Air « O let me weep » extrait de The Fairy Queen Z 629. Dorothee Mields, soprano ; Die Freitagsakademie. 1 CD Deutsche Harmonia Mundi. Enregistré au Radiostudio Brunnenhof de Zürich du 10 au 14 février 2020. Notice de présentation en anglais et allemand. Durée : 76:04

 

Cet album de Dorothee Mields et de l’ensemble Freitagsakademie vient à point nommé nous rappeler que Haendel n’était pas qu’un compositeur d’opéras et d’oratorios. Honneur à la musique de chambre, avec un programme savamment et amoureusement concocté.

Haendel_Purcell_Dorothee-Mields_Die-Freitagsakademie_DHMC’est à un programme résolument chambriste que nous invitent la soprano allemande Dorothee Mields et l’ensemble Die Freitagsakademie. Point d’air d’opéra, point d’extrait d’oratorio, le tout est exclusivement constitué de pièces disparates destinées à être interprétées dans l’espace clos et intime du salon. Seul le célébrissime « O Let me weep », extrait du Fairy Queen de Purcell, a été en réalité conçu pour le théâtre. C’est également la seule pièce de ce CD à ne pas être de Haendel.

Composée sans doute au début des années 1710, la cantate Venus and Adonis fait vraisemblablement partie des premières tentatives du compositeur allemand de mettre en musique un texte anglais. Les règles d’écriture musicale, il est vrai, doivent encore beaucoup à l’Italie, et le style italien y est très reconnaissable. L’anglais du poète John Hughes n’en est pas moins de la plus grande musicalité, preuve que la langue de Shakespeare n’était pas, comme on le pensait alors, incompatible avec la musique italienne tant prisée du public. La cantate Mi palpita in cor, affinée par Haendel à Londres, avait d’ailleurs été initialement écrite lors du séjour romain du compositeur. La dimension cosmopolite du programme est complétée par trois des ravissants Deutsche Arien, eux aussi écrits à Londres sans doute dans un moment de nostalgie pour la mère patrie. C’est l’humour en revanche, bien anglais diront certains, qui veille à l’esprit des deux English Songs rarement entendus de nos jours. L’air intitulé « Bacchus », interprété avec toute la modération et la sobriété qu’il se doit, pourra être vu comme une « griserie » de la Périchole avant l’heure…

La soprano Dorothee Mields, bien connue maintenant pour ses interprétations de musique baroque, semble posséder la voix idéale pour des pièces qui requièrent autant de virtuosité discrète et efficace que de capacité d’expression et de coloration. La diction anglaise, de la plus belle qualité, n’a rien à envier à celle de l’italien et de l’allemand. L’instrument est chaud, souple et joliment timbré, même si l’on sent une certaine tension dans les hauteurs de la tessiture. Il exprime tout aussi bien les affres de la passion amoureuse que la douce mélancolie des airs allemands dédiés à la glorification panthéiste de la beauté de la nature. Les instrumentistes de l’ensemble Freitagsakademie ne procurent que du bonheur dans les pièces instrumentales qui complètent avantageusement le programme vocal. On notera, particulièrement sollicités, le hautbois de Katharina Suske et le clavecin de Sebastian Wienand, ce dernier éblouissant dans les fameuses variations « The Harmonious Blacksmith ». Que ne donnerait-on pas pour l’expérience d’un « five o’clock » dans le salon du grand Georg Friedrich.

Airs d’opéra de Telemann par Dorothee Mields

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Georg Friedrich Haendel (1685-1759) : « Venus and Adonis » cantate pour soprano, hautbois et basse continue HWV 85 ; Concerto « a quattro » en ré mineur ; « Bacchus » et « The Rapture » extraits des English Songs HWV 228 ; Sonate en trio en sol majeur HWV 384 ; « Mi Palpita Il Cor » cantate pour soprano, hautbois et basse continue HWV 132b ; Air et cinq variations sur le thème « The Harmonious Blacksmith » extraits de la Suite en mi majeur HWV 430 ; « Flammende Rose, Zierde der Erden » HWV 210, « Süsser Blumen Ambraflocken » HWV 204 et « Meine Seele hört im Sehen » HWV 207 extraits des « Neun Deutsche Arien ». Henry Purcell (1659-1695) : Air « O let me weep » extrait de The Fairy Queen Z 629. Dorothee Mields, soprano ; Die Freitagsakademie. 1 CD Deutsche Harmonia Mundi. Enregistré au Radiostudio Brunnenhof de Zürich du 10 au 14 février 2020. Notice de présentation en anglais et allemand. Durée : 76:04

 
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