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Premier récital de lieder pour Elīna Garanča

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Robert Schumann (1810-1856) : Frauenliebe und Leben op. 42. Johannes Brahms (1833-1897) : Heimweh II : O wüsst’ ich doch den Weg zurück op. 63 n° 8 ; Liebe und Frühling II : Ich muss hinaus op. 3 n° 3 ; Liebestreu op. 3 n° 1 ; Mädchenlied op. 107 n° 5 ; O kühler Wald op. 72 n° 3 ; Verzagen op. 72 n° 4 ; Sapphische Ode op. 94 n° 4 ; O liebliche Wangen op. 47 n° 4 ; Geheimnis op. 71 n° 3 ; Wir wandelten op. 96 n° 2 ; Alte Liebe op. 72 n° 1 ; Die Mainacht op. 43 n° 2 ; Von ewiger Liebe op. 43 n° 1. Elīna Garanča, mezzo-soprano ; Malcolm Martineau, piano. 1 CD Deutsche Grammophon. Enregistré à Berlin, Meistersaal en juillet 2020. Durée : 57:33

 

Premier récital de lieder avec piano pour chez Deutsche Grammophon, son nouvel album autour de Schumann et Brahms met en avant des qualités de diseuses rarement remarquées chez l’artiste, parfaitement accompagnée au piano par .

Schumann_Brahms_Elīna-Garanča_Malcolm-Martineau_Deutsche-GrammophonLes enregistrements des Frauenliebe und Leben op. 42 de , sur des textes de Chamisso mis en musique l’année du mariage avec Clara, ne manquent pas au catalogue, même chez Deutsche Grammophon, où l’on dénombre plusieurs enregistrements de mezzo-sopranos, dont celui d’Anne Sofie von Otter, et surtout celui de Brigitte Fassbaender avec Irwin Cage, la chanteuse ayant également enregistré ce cycle remis en musique plus tôt par Carl Loewe.

Les qualités de conteuse d’ avaient certes été remarquées en récital avec , comme à l’Opéra de Paris en 2015, mais l’artiste est plus connue à l’opéra et dans les soirées de gala, avec un reproche récurrent quant à une prononciation trop peu définie. Cette fois, dès Seit ich ihn gesehen, le texte ressort avec précision, pour une implication impeccable. Certaines consonnes restent parfois lissées, et les amateurs de lieder parfaitement édictés se tourneront vers les anciennes, Irmgard Seefried, Kathleen Ferrier ou Sena Jurinac, mais la technique de chant a depuis évolué, plus souple et plus opératique. Alors on se délecte du timbre chaud et de la voix pleine de l’artiste, très agile sur les intonations.

Les lieder de Brahms ensuite, donnés dans le désordre, même lorsque plusieurs d’un même groupe sont proposés, à l’instar de ceux de l’opus 72, montrent une artiste également capable de moduler la voix pour aborder ces pièces plus tardives avec un autre style, toujours romantique, mais plus moderne et porté par une ligne de chant plus engagée. En plus d’une magnifique partie mezzo, elle étale parfois les sombres couleurs de sa partie grave, comme au Liebestreu. Pour l’accompagner, le meilleur pianiste de lieder actuel revient alors que deux parutions portaient déjà son nom en octobre, le bel album mahlérien de Christiane Karg (Harmonia mundi), et celui d’une grande fraîcheur de la jeune Fatna Said (Warner Classic). Rien ne change avec Garanča, puisque Malcolm Martineau y aborde chaque mesure, chaque note et chaque intuition avec la plus pure évidence. Jamais en difficulté et jamais prédominant sur la voix, grâce à une prise de son de qualité – bien qu’un peu trop mate, il s’y trouve toujours en parfait accord.

Un album à découvrir, dont on espère qu’il constitue les prémices d’autres collaborations pour l’avenir.

 

Relire l’entretien donné par Elīna Garanča sur le rôle du lied dans sa carrière:

Elīna Garanča, mezzo-soprano

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Robert Schumann (1810-1856) : Frauenliebe und Leben op. 42. Johannes Brahms (1833-1897) : Heimweh II : O wüsst’ ich doch den Weg zurück op. 63 n° 8 ; Liebe und Frühling II : Ich muss hinaus op. 3 n° 3 ; Liebestreu op. 3 n° 1 ; Mädchenlied op. 107 n° 5 ; O kühler Wald op. 72 n° 3 ; Verzagen op. 72 n° 4 ; Sapphische Ode op. 94 n° 4 ; O liebliche Wangen op. 47 n° 4 ; Geheimnis op. 71 n° 3 ; Wir wandelten op. 96 n° 2 ; Alte Liebe op. 72 n° 1 ; Die Mainacht op. 43 n° 2 ; Von ewiger Liebe op. 43 n° 1. Elīna Garanča, mezzo-soprano ; Malcolm Martineau, piano. 1 CD Deutsche Grammophon. Enregistré à Berlin, Meistersaal en juillet 2020. Durée : 57:33

 
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