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Viorica Cortez : une vie d’opéra

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Une vie d’opéra. Georges Bizet (1838-1875) : Séguedille, extrait de Carmen ; Air des cartes, extrait de Carmen. Charles Gounod (1818-1893) : O ma lyre immortelle, extrait de Sapho. Camille Saint-Saëns (1835-1921) : Printemps qui commence, extrait de Samson et Dalila. Édouard Lalo (1823-1892) : Air de Margared, extrait du Roi d’Ys. Emmanuel Bondeville (1898-1987) : O douleur d’être seule, extrait d’Antoine et Cléopâtre. Gioachino Rossini (1792-1868) : Ah quel giorno, extrait de Semiramide. Gaetano Donizetti (1797-1848) : O mio Fernando, extrait de La Favorite. Giuseppe Verdi (1813-1901) : Stride la rampa, extrait du Trouvère ; O don fatale, extrait de Don Carlos ; Un giorno dolce, extrait d’Oberto, conte di San Bonifacio. Viorica Cortez, mezzo-soprano ; Grand Orchestre Radio-Télé-Luxembourg, direction : Louis de Froment. 1 CD Calliope. Enregistré à la Villa Louvigny, Grand-Duché de Luxembourg en avril 1977. Durée : 52:57

 

Pendant les années 70 et les décennies suivantes, fut une des stars incontournables des scènes lyriques, au point qu’on la nomma « la Carmen du siècle ». Elle enregistra paradoxalement assez peu, au point que ce CD, repiquage d’un 33 tours de 1977, fait presque figure de rareté.

Et en effet, on reste confondu à l’écoute de cette voix à la fois si puissante et si légère, capable de chanter avec le même bonheur l’Eboli de Verdi et l’Arsace de Rossini. Le programme se partage à égalité entre répertoire français et italien, et ne dédaigne pas quelques raretés. Qu’il s’agisse de l’une ou de l’autre langue, la diction est parfaite, avec de plus une attention scrupuleuse au juste poids des mots et à leur signification.

On entend ainsi une Carmen d’une grande finesse, dans une Séguedille aguichante mais sans la moindre trace de vulgarité, avec des aigus allégés qui sont un véritable bonheur. De la même façon, « l’air des cartes » est à la fois puissamment dramatique et musicalement exigeant, éliminant radicalement tout effet facile.

Les extraits de Sapho de Charles Gounod, de Samson et Dalila de Camille Saint-Saëns et du Roi d’Ys d’Édouard Lalo sont tout aussi idiomatiques, tout en faisant place à des graves éloquents et des aigus vigoureux, dardés comme des flèches.

La première surprise est un extrait de Antoine et Cléopâtre d’Emmanuel Bondeville, créé en 1974, et dédié à par celui qui fut son époux, d’une grande élégance.

La deuxième est un air de Semiramide de Rossini, où on n’aurait pas imaginé qu’une voix tellement puissante puisse vocaliser si facilement. La variation finale n’est plus à la mode depuis la Rossini renaissance, mais reste tout autant excitante. Du grand art belcantiste.

Suit l’air, tellement galvaudé, de la Favorite, « O mio Fernando », où tant de délicatesse et de musicalité nous permet d’y prendre un plaisir qu’on n’imaginait plus.

Le récital se termine sur un programme Verdi, avec une dernière rareté, extrait de Oberto, conte de San Bonifacio, et surtout deux airs de grand mezzo, « Stride la vampa » du Trouvère et « O don fatale » de Don Carlo, dont on admire le chic fou et la facilité vocale. De nos jours, de tels moyens feraient délirer la salle.

L’enregistrement est hélas défiguré par un Grand Orchestre Radio-Télé-Luxembourg mou et inexpressif.

 

Retrouver Viorica Cortez dans un entretien donné en 2008:

Viorica Cortez, mezzo

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