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L’Instant lyrique d’Ambroisine Bré et Stanislas de Barbeyrac sur France Musique

 

L’Instant Lyrique continue de se battre pour exister malgré la fermeture des salles de concert. Avec sa très belle affiche, le 56e concert, enregistré le 1er mars sans public, sera retransmis ce soir sur France Musique.

On avait eu des coups de cœur pour , tout d’abord en 2017, lors du concours Nadia et Lili Boulanger, et puis, l’an dernier, avec un magnifique Lazuli dans l’Etoile de Chabrier à Tourcoing. , lui, n’est pas un inconnu…, quant à la pianiste , elle s’est distinguée à la fois pour avoir été le tandem d’ lors du concours précité, puis pour avoir sauvé l’Instant Lyrique de Anne-Catherine Gillet en 2019, en remplaçant au pied levé et en plein milieu de concert Antoine Palloc, victime d’un malaise.

Le concert débute avec un cycle de mélodies d’Antonín Dvořák, qui permet à la mezzo-soprano de s’échauffer et de commencer à donner un aperçu de son talent. Ensuite, c’est l’opéra qui prend toute la place, avec tout d’abord l’air du portrait de la Flûte Enchantée. Certes, la voix de est encore froide, mais les aigus sont tendus, les tentatives de piani hasardeuses, et on ne peut pas s’empêcher de penser que sa voix a tellement évolué qu’elle n’est plus adaptée à Tamino, mais qu’elle serait parfaite dans des rôles plus lourds. La suite du concert nous donne raison.

Lyrique toujours, mais très surprenant, se lance dans la version de la mélodie de Robert Schumann Widmung, transcrite pour piano par Franz Liszt. Elle démontre à cette occasion qu’elle n’est pas qu’une accompagnatrice pleine d’ardeur, mais également une soliste aguerrie.

Le duo de La Belle Hélène « Oui c’est un rêve » révèle un couple professionnel qui fonctionne à la perfection, elle délicieusement légère, lui aimablement grivois. S’ensuit un enchanteur rondo final de La Cenerentola, qui démontre qu’Ambroisine Bré, très à l’aise à la fois dans la tessiture et les traits de virtuosité, s’affirme comme une grande titulaire du rôle-titre.

Mais tout cela ne serait rien sans le morceau de résistance de la soirée, à savoir de larges extraits particulièrement excitants de Werther et de Carmen. Tout d’abord, Stanislas de Barbeyrac, seul, incarne un Werther torrentiel, fougueux plus que dépressif, dans sa célébration de la nature, avant le duo final de l’acte I parfaitement mené dans son intégralité, y compris l’intervention parlée du bailli, dite de façon étonnante par le ténor. L’incursion dans l’univers de Massenet se termine par un pathétique air des larmes, qui révèle qu’Ambroine Bré pourrait bien devenir prochainement une grande Charlotte.

Pour terminer, Stanislas de Barbeyrac teste sa prochaine prise de rôle de Don José à Bordeaux en juin prochain, avec un air de la fleur aussi assuré qu’éclatant, et toute la générosité et l’assurance requises. Ambroisine Bré enchaîne sur une habanera sensuelle, puis les deux chanteurs s’unissent pour une scène finale de Carmen plus que convaincante.

Après tout ce pathos, le bis est un retour à la fraîcheur, avec un adorable duo de La Périchole.

 

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