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El Nour, superbe premier album de la soprano Fatma Said

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Maurice Ravel (1875-1937) : Schéhérazade M. 41. Manuel de Falla (1876-1946) : Tus ojillos negros. José Serrano (1873-1941) : La canción del olvido : « Marinela, Marinela ». Fernando Obradors (1897-1945) : Del cabello más sutil. Hector Berlioz (1803-1869) : Zaïde H. 107. Philippe Gaubert (1879-1941) : Le Repos en Egypte. Federico García Lorca (1898-1936) : Canciones españolas antiguas n° 1, n° 6 et n° 8. Gamal Abdel-Rahim (1924-1988) : Ana Bent El Sultan. Georges Bizet (1838-1875) : Adieux de l’hôtesse arabe. Najib Hankash (1904-1977) : Aatini Al Naya Wa Ghanni. Sayed Darwish (1892-1923) : El Helwa Di. Elias Rahbani (né en 1938) : Sahar El Layali (Kan Enna Tahoun). Dawood Hosni (1870-1937) : Yamama Beida. Fatma Said, soprano ; Malcolm Martineau, piano ; Rafael Aguirre, guitare ; Burcu Karadağ, ney ; Tim Allhof, piano ; Itamar Doari, percussion ; Henning Sieverts, contrebasse ; Tamer Pinarbasi, kanoun ; Vision string quartet. 1 CD Warner Classics. Enregistré en janvier 2020 à la Jesus-Christus Kirche, Berlin et en février 2020 aux Emil Berliner Studios. Livret en anglais, français, allemand et égyptien. Durée : 64:50

 

Premier récital de la soprano égyptienne , El Nour brille par son mélange d’œuvres classiques françaises et de chansons populaires espagnoles et arabes.

Warner Classics avait initié son partenariat avec la jeune soprano par un air disponible exclusivement en numérique, Les Filles de Cadix de Léo Délibes. Étonnamment, celui-ci n’est pas repris dans son premier album, pourtant mélange de chants français de compositeurs célèbres et de mélodies populaires andalouses ou arabes, souvent liées de près ou de loin à la patrie de la chanteuse.

Celle-ci introduit son récital par le cycle Schéhérazade de Ravel, sur lequel l’ombre de Régine Crespin ne pourra perturber l’auditeur, tant on retrouve chez la chanteuse du Moyen-Orient ce timbre si brillamment porté vers le grave, fait d’une sublime palette de noires subtilement moirées. Une légère tendance à altérer le « s » français se remarque, mais ne peut remettre en cause une diction pour le reste d’une superbe précision, développée, une fois de plus, par l’accompagnement idéal de . Dès le premier chant, Asie, la concentration de la voix crée une atmosphère soutenue par le pianiste, tout simplement magistral lorsqu’il doit relayer seul le mot « mystère », puis ensuite « sous un vieux rythme ensorceleur ». La partition, d’abord exclusivement pour piano, est par la suite relevée dans La flûte enchantée par le ney de l’excellente . Cet instrument ancestral, fait d’un tube en roseau, apporte une tonalité orientale particulièrement adaptée aux couleurs ravéliennes. Puis des Français encore, Zaïde de Berlioz précède le rare Repos en Égypte de , toujours aussi bien soutenus par le piano de Martineau et aussi bien défendus par Said, tant au chant que par ces mots retranscrit dans le livret de l’album.

Les Espagnols alternent avec les compositeurs français, comme la guitare de prend le relai sur le piano, elle aussi d’une remarquable subtilité dans l’accompagnement. Said aborde d’une palette et d’une prononciation adaptées le sombre Tus ojillos negros de , puis éclaire la Marinella d’Obrador, tandis que trois chansons antiques de García Lorca nous emportent dans les lumières andalouses. Puis revient Martineau, cette fois pour accompagner Ana Bent El Sultan du compositeur égyptien . Le ney réapparait, encore plus envoûtant, avec l’Adieu de l’hôtesse arabe de Bizet, avant que se mêlent d’autres artistes traditionnels et de jazz, pour revisiter quelques chants d’Égypte et du Liban, dont le langoureux Aatimi Al Naya Wa Ghanni de Najib Hankash.

Après cette magnifique carte de visite, espérons entendre très prochainement l’artiste en live, tant en récital que pour en découvrir ses possibilités dans les grands rôles du répertoire d’opéras, car son timbre pourrait, même si cette partition est maintenant surtout réservée aux mezzos, s’adapter avec une couleur particulièrement idéale à Carmen.

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Maurice Ravel (1875-1937) : Schéhérazade M. 41. Manuel de Falla (1876-1946) : Tus ojillos negros. José Serrano (1873-1941) : La canción del olvido : « Marinela, Marinela ». Fernando Obradors (1897-1945) : Del cabello más sutil. Hector Berlioz (1803-1869) : Zaïde H. 107. Philippe Gaubert (1879-1941) : Le Repos en Egypte. Federico García Lorca (1898-1936) : Canciones españolas antiguas n° 1, n° 6 et n° 8. Gamal Abdel-Rahim (1924-1988) : Ana Bent El Sultan. Georges Bizet (1838-1875) : Adieux de l’hôtesse arabe. Najib Hankash (1904-1977) : Aatini Al Naya Wa Ghanni. Sayed Darwish (1892-1923) : El Helwa Di. Elias Rahbani (né en 1938) : Sahar El Layali (Kan Enna Tahoun). Dawood Hosni (1870-1937) : Yamama Beida. Fatma Said, soprano ; Malcolm Martineau, piano ; Rafael Aguirre, guitare ; Burcu Karadağ, ney ; Tim Allhof, piano ; Itamar Doari, percussion ; Henning Sieverts, contrebasse ; Tamer Pinarbasi, kanoun ; Vision string quartet. 1 CD Warner Classics. Enregistré en janvier 2020 à la Jesus-Christus Kirche, Berlin et en février 2020 aux Emil Berliner Studios. Livret en anglais, français, allemand et égyptien. Durée : 64:50

 
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