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Trois grandes sonates romantiques allemandes pour orgue par Halgeir Schiager

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Friedrich Kühmstedt (1809-1858) : Fantasie op. 47 ; Grosse sonate op. 49. Jan Albert van Eyken (1823-1568) : Sonate n° 2 op. 15. Julius Reubke (1834-1858) : Orgelsonate « Der 94. Psalm ». Halgeir Schiager à l’orgue Hermann Eule orgelbau op. 677 de la Sofienberg kirke Oslo (Norvège). 1 CD Lawo. Enregistré du 23 au 25 avril 2019. Livret en anglais et allemand. Durée : 78:53

 

L’univers romantico-symphonique allemand réserve encore de belles découvertes, comme ces sonates pour orgue des compositeurs Kühmstedt et Van Eyken, judicieusement présentées par l’organiste norvégien aux côtés de la grande sonate de Reubke, plus connue des mélomanes.

Avec l’éveil du romantisme, la « sonate pour orgue » dans le sens de « symphonie » voit le jour peu à peu… Ainsi aux côtés de Mendelssohn et de ses fameuses sonates inspirées de l’Angleterre, divers compositeurs se lancent dans cette aventure. Tel est le cas de deux auteurs que nous découvrons avec cet enregistrement. , élève de Rinck et de Hummel, fut professeur de musique à Eisenach, ville natale de Bach, et devint l’ami de Liszt. Il travailla avec lui à la mise en place d’une École d’orchestre à Weimar. Le disque en propose deux œuvres : une Fantaisie concertante et une Sonate en quatre mouvements. De telles œuvres furent assurément inspirées par l’apparition d’une facture d’orgue nouvelle, à la suite des instruments qu’avaient laissés les grands maitres du passé dont Silbermann, Hildebrandt ou Trost. Les instruments prennent de l’ampleur avec l’apparition de nouveaux plans sonores et des jeux aux sonorités de plus en plus orchestrales. Des facteurs comme Ladegast ou Sauer proposent un monde sonore nouveau, ferment d’œuvres colossales. Liszt lui-même fut séduit par de telles réalisations, dont l’orgue de Meserburg pour lequel il composa son célèbre B.A.C.H. Nous sommes là en plein cœur des années 1850. On peut rapprocher le style de Kühmstedt à celui de Liszt, avec moins de talent certainement, mais ces fresques sont autant de décors et d’évocations d’un romantisme germanique, souvent échevelé. On assiste à des scènes diverses au gré des mouvements depuis la douceur la plus ténue jusqu’aux déferlements sonores les plus puissants.

Jan Albert van Eijken, compositeur d’origine hollandaise qui a vécu en Saxe sa vie de musicien, se situe dans la même lignée. Sa Sonate op. 15, bien que plus modeste que celle de Kühmstedt se révèle d’une belle inspiration. De forme encore assez classique, en trois mouvements, on appréciera en particulier son volet central, encore inspiré des mélodies mendelssohniennes.

Le troisième auteur présenté ici est un célèbre élève de Franz Liszt , au tragique destin, puisque qu’il mourût de tuberculose à l’âge de 24 ans seulement. Fils de facteur d’orgue, recommandé par Hans von Bülow à Franz Liszt, il étudia à Weimar avec lui le piano et l’orgue. Il doit sa célébrité à sa Sonate pour orgue sur le psaume 94. Cette œuvre, à elle seule, se hisse au niveau des plus grandes compositions de Liszt dont elle puise largement son inspiration. Il s’agit d’une grande fresque en continue d’une durée d’une demi heure environ, d’une construction voisine de la grande Fantaisie « Ad nos » de Liszt. L’inspiration est totale et débordante, virtuose et souveraine. On retrouve ces mêmes qualités dans sa Sonate pour piano en si bémol mineur.

Un des grands attraits de ce disque est également de découvrir un orgue symphonique allemand construit par Gebrüder Rieger en 1877, restauré et agrandi par Hermann Heule en 2014. Cet instrument convient parfaitement au répertoire proposé sur cet album. On décèle en lui, à l’écoute quelques influences anglo-saxones, dont cette manière bien particulière d’assembler harmonieusement les couleurs des jeux de fonds et des jeux d’anches.

Ultime découverte mais pas des moindres, la personnalité de l’organiste norvégien , qui fut entre autres l’élève de Daniel Roth, organiste de Saint-Sulpice à Paris. Initiateur et titulaire du nouvel orgue de la Sofien kirke d’Oslo, il est l’organisateur de plusieurs activités musicales dans cette église. Sa connaissance approfondie de la facture allemande symphonique et de son répertoire font de cet artiste un spécialiste recherché pour ses connaissances et ses principes d’exécution musicale les plus informés.

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Friedrich Kühmstedt (1809-1858) : Fantasie op. 47 ; Grosse sonate op. 49. Jan Albert van Eyken (1823-1568) : Sonate n° 2 op. 15. Julius Reubke (1834-1858) : Orgelsonate « Der 94. Psalm ». Halgeir Schiager à l’orgue Hermann Eule orgelbau op. 677 de la Sofienberg kirke Oslo (Norvège). 1 CD Lawo. Enregistré du 23 au 25 avril 2019. Livret en anglais et allemand. Durée : 78:53

 
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