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Une présentation utile et réussie du compositeur Federico Mompou chez Actes Sud

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Jérôme Bastianelli : Federico Mompou. À la recherche d’une musique perdue. Actes Sud. 168 pages. 18,50 euros. Mars 2021

 

Dans une démarche éminemment salutaire, Jérôme Bastianelli enrichit la collection musicale des éditions Actes Sud d’un précieux opuscule consacré au compositeur catalan (1893-1987).

Une série de courts chapitres, d’une concision parfaite, dresse la vie du pianiste-compositeur en la restituant dans la société espagnole… et française de son époque ; de plus, il livre quelques pistes essentielles destinées à permettre au lecteur de (re)découvrir ses singuliers opus destinés au piano, sans négliger pour autant ceux faisant intervenir la voix.

L’auteur nous convie auprès de cet artiste hypersensible, contemplatif, secret, catholique pratiquant, d’une timidité extrême et sujet aux crises d’angoisse. Il rend fidèlement compte de son parcours au sein de la vie artistique barcelonnaise et du foisonnement étourdissant de la capitale des arts qu’était encore Paris. Là, il fréquente les concerts prestigieux et côtoient des personnalités de premier plan comme les pianistes et Ricardo Viňes, les compositeurs Prokofiev, , Béla Bartók, Albert Roussel, Joaquin Nin, Arthur Honegger, Darius Milhaud, Poulenc, Villa-Lobos, le critique .

Sa personnalité contraste fortement avec ce monde qui l’accapare plus qu’il ne le souhaite, lui qui ne cacha pas sa passion pour le son des cloches venue de la fonderie de son grand-père, lui qui adolescent donna son premier concert public en mai 1908, lui qui décida précocement de devenir compositeur et confiera à son instrument, le piano, un copieux corpus de pièces singulières où il livre le meilleur de sa création.

La vie personnelle de Mompou ponctuée par deux femmes essentielles que furent Maria puis Carmen est évoquée avec tact, sans cacher, là-encore, les méandres d’un tempérament neurasthénique et les longs silences créateurs qu’il provoque.

Mompou restera constamment insensible aux avances du régime franquiste tout comme il abandonna sans retour l’idée de devenir virtuose de son instrument se contentant de jouer lors de réunions intimes uniquement sa propre musique et parfois celles de Grieg et de Fauré qu’il appréciait particulièrement.

Les annexes, comme pour chaque volume de la collection, proposent une excellente synthèse discographique et une bibliographie pour approfondir si besoin.

Un des atouts majeurs du « Mompou » de Jérôme Bastianelli réside également dans son écriture claire, informative, se dispensant agréablement des sempiternelles figures de style peu compatibles avec les rigueurs attendues d’une biographie sérieuse.

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Jérôme Bastianelli : Federico Mompou. À la recherche d’une musique perdue. Actes Sud. 168 pages. 18,50 euros. Mars 2021

 
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